vendredi 20 avril 2012

Chiclayo

Hier soir, je suis allé voir un petit réparateur sérieux qui a démonté l'appareil photo devant mes yeux. Il n'y a pas de doute, l'objectif est mort. Il faut le changer et ici, il n'y en a pas de pièce de rechange pour ce modèle. Comme Chiclayo est une ville plutôt bien achalandée en magasins de matériels informatiques et photos, je décide de casser ma tirelire et de me payer un bon appareil photo compact. Celui que j'ai acheté à Huaraz ne me convient pas du tout. Les photos sont à la limite du flou. Tout juste bon pour du dépannage, et encore. Heureusement, je ne l'avais pas acheté très cher. J'en repère un dans une grande surface qui m'a l'air pas mal. Un Canon SX 240 HD. Il a un grand zoom et reste dans des prix raisonnables. Je craque. La carte bleue chauffe. Voilà le problème photo est réglé. Je range tous les autre appareils au fond de mon sac. Si ça continue comme ça, je vais bientôt pouvoir ouvrir un magasin de photo. Tout ça me prend une bonne partie de la matinée. Trop tard pour aller visiter les sites aux alentours. Je ferai ça demain. Je passe donc l'après-midi à déambuler dans les rues. A part les magasins et le marché, il n'y a pas grand chose à voir à Chiclayo. Même la cathédrale et la plaza de Armas n'ont pas vraiment d'interêt. C'est une ville active mais pas touristique pour deux sous. Et puis, ça cogne. Il fait 35 °C à l'ombre et on ne profite pas de l'air frais de la mer. Moi qui voulait de la chaleur, je suis servi. Je dîne au restaurant de l'hôtel qui sert des bons petits plats très simples. Dehors, c'est toujours la même chose, poulet grillé ou chinois. A croire que les gens ne mangent que ça.

jeudi 19 avril 2012

Retour vers la chaleur

Voilà, je crois que j'ai bien fait le tour de cette jolie petite ville. Maintenant, j'ai envie de retrouver le chaleur et l'air de la mer. Marre des nuages et de la pluie. Je vais donc prendre ce matin un bus qui va à Chiclayo, à 250 kilomètres au nord de Trujillo. La route est la même que celle que j'ai prise à l'aller jusqu'à Ciudad de Dios, au bord de la mer, puis elle remonte vers le nord. Nous grimpons donc au col. La route est bloquée plusieurs fois par des travaux. Il faut attendre une bonne demi-heure avant de passer. File impressionnante de camions. Puis nous redescendons vers la vallée. Un vélo pourrait faire les 150 kilomètres jusqu'à la mer sans pédaler. Je redécouvre la route dans le sens contraire et avec une lumière différente. Belle route. Vers 13 heures, nous nous arrêtons dans un resto pour déjeuner. Au début, je croyais que c'était un barrage de contrôle car il y avait une cinquantaine de policiers. Je me suis dit qu'ils devaient chercher du gros gibier. En fait, c'était tout simplement un car de flics qui faisait la pose au même resto que nous. J'ai appris dans le journal d'hier qu'il y avait eu des affrontements mortels avec le sentier lumineux près d'Ayacucho. Comme quoi, cette histoire n'est pas complètement finie. Plus nous descendons, plus les paysages deviennent arides. Dans cette région, les femmes portent de grand chapeau, comme les cowboys du Pécos. Marrant. Pas très sexy mais surement très efficace contre le soleil. Arrivés à Ciudad de Dios, la route traverse le  désert en longeant la mer. D'un coté, des dunes de sable, de l'autre, quelques grandes exploitations de vergers qui doivent être alimentés par l'eau des montagnes. L'arrivée à Chiclayo me donne l'impression d'entrer dans une ville sahelienne. Même type de constructions, même chaleur, même ambiance. J'aime bien. Je trouve aisèment une chambre assez banale au sixième étage d'un hôtel du centre ville. Le soir, je vais me balader dans les rues très animées. Il fait bon, quel bonheur !

mercredi 18 avril 2012

Cajamarca

Cajamarca est une petite ville typiquement espagnol. On se croirait dans les Pyrénées du coté Espagne. C'est là que Pizarro a fait assassiner Hatahualpa, dernier empereur inca. Il lui avait promis auparavant qu'il aurait la vie sauve s'il remplissait complètement sa geôle d'or et d'argent. Hatahualpa s'est démerdé comme il a pu. Tout son peuple s'est cotisé pour remplir la pièce jusqu'au plafond. Mais Pizarro, qui n'avait pas de parole, l'a fait exécuter quand même, en empochant au passage tout le magot qu'il a fait fondre et envoyé en Espagne. Malin l'enfoiré. Bref, depuis, les espagnols ont investi les lieux et ont détruit toute trace de civilisation inca. C'est sans doute la raison pour laquelle les gens d'ici ont plus le type européen qu'indien. La ville a cependant beaucoup de charme. Apparemment, il y fait bon vivre. Les environs sont riches en mines d'or, d'argent et autres. Cela engendre quelques petits problèmes d'intégration des gens venus de régions plus pauvres pour travailler dans les mines. Mines qui appartiennent en grande partie à des sociétés multinationales. Ce matin, nous avons droit à un beau ciel bleu. J'en profite pour aller me balader un peu en ville. Il y a une petite colline près de la Plaza de Armas qui domine toute la ville. J'y monte pour admirer le panorama. Et là, oh damnation ! Mon appareil me lâche une nouvelle fois. L'objectif est de nouveau coincé. La réparation n'a pas tenu une journée ! J'enrage. Je retourne à l'hôtel rechercher mon autre appareil que j'avais mis au fond de mon sac en espérant ne plus l'utiliser. Je passe voir un autre réparateur qui me dit que c'est trop compliqué à réparer et qu'il faudra certainement changer une pièce. Ça attendra la France. Quel dommage ! Je visite un petit musée archéologique et quelques églises. Puis déjeuner dans un petit boui-boui. Un céviche aux calamars noirs. Pas terrible. Dans l'après-midi, les nuages apparaissent et la pluie tombe par intermittence. Petite balade au marché très animé. Le soir, je vais manger une petite pizza. Cette histoire d'appareil photo m'a coupé l'appétit.

mardi 17 avril 2012

La route de Cajamarca

Je suis un peu hésitant sur ma prochaine destination. Je vois le temps qui passe et j'ai encore tout l'Equateur à visiter. Que faire ? Aller directement à Chiclayo puis remonter directement vers la frontière ou faire un détour par Cajamarca ? Il parait que c'est une petite ville intéressante à voir. Mais ça fait tout de même un sacré détour. Allez, après tout, je ne suis pas à deux jours près. En plus, j'apprends qu'il y a un bus qui part là-bas à 12 heures 30. Je prépare donc mes affaires et vais à la gare routière à pied. Ce n'est pas très loin. Lorsque le bus quitte de Trujillo, nous retrouvons les paysages arides et désertiques. Par endroit, le désert est interrompu par des grandes étendues de cannes à sucre. La panaméricaine longe la côte jusqu'à Pacasmayo, puis nous bifurquons à droite vers la montagne. Au début, ça grimpe doucement en longeant le rio Jequetepeque jusqu'à Chilete. Dans la vallée, il y a des riziéres alimentées par le rio. Cela verdit un peu le paysage. Les montagnes sont arides au début, puis de plus en plus verdoyantes au fur et à mesure que nous montons. Après Chilete, fini la rigolade, ça grimpe sec. Il faut passer un col à 3 000 mètres. La route en lacets est vertigineuse. Mais je commence à être habitué. Une fois le col passé dans les nuages, nous redescendons gentimement sur Cajamarca qui se trouve à 2 750 mètres d'altitude. Ça caille. Il faut que je ressorte la polaire que j'avais pourtant mis avec plaisir au fond du sac. Arrivé à la gare routière, je prends un taxi pour m'emmener à l'hôtel Los Jasmines, près du centre. Le lieu est agréable. Je découvre Cajamarca de nuit, sous la pluie. A première vue, l'endroit me parait fort sympathique. Comme je n'ai presque pas mangé de la journée, je vais dîner dans un restaurant typiquement espagnol, sur la plaza de Armas. Les serveurs sont en noeud pap. Marrant... Mais langue de mouton avec purée maison est très bonne.

lundi 16 avril 2012

Les huacas del sol y de la luna et Chan Chan

Aujourd'hui, j'ai plein de visites de sites archéologiques de prévues. Mais auparavant, il faut que je trouve un réparateur d'appareil photo pour tenter de réparer le mien. Je ne suis pas très satisfait de celui que j'ai acheté à Huaras. Je trouve la qualité des photos assez médiocre. En demandant à plusieurs vendeur de photos, on finit par m'indiquer un petit réparateur dans le centre ville. Je lui montre l'appareil en lui expliquant ce qu'il s'est passé. Il me répond qu'il faut qu'il l'ouvre pour voir d'où vient la panne et il me dira le prix de la réparation en conséquence. C'est déjà plus professionnel comme discours. Je lui laisse donc l'appareil et reviendrai le voir à 13 heures pour connaître le verdict. Je retourne à l'hôtel où m'attend un minibus pour aller visiter les huacas del sol y de la luna, situées à 8 kilomètres au sud de la ville. Ce sont deux immenses pyramides de la période Moche. Entre les deux s'étalaient des habitations. Celle del sol était un lieu politique et administratif. Elle est encore inexplorée. On ne la visite pas pour le moment. Elle ressemble plus à une colline qu'à autre chose. Celle de la luna, par contre, est en pleine fouille. C'était un centre religieux où parfois on sacrifiait des humains pour faire plaisir aux dieux. Des prisonniers ennemis la plus part du temps. On y découvre tous les jours quelque chose. Contrairement aux autres sites que j'ai visités, celui là est en plein effervescence. Plusieurs archéologues et ouvriers y travaillent tous les jours. Ils ont créé un grand musée à coté pour entreposer tout ce qu'ils trouvent. Beaucoup de belles pièces dans un très bon état de conservation. Dans quelques années, lorsque les travaux de fouilles seront plus avancés, le site risque de devenir aussi prestigieux que celui de Machu Picchu. Puis, nous rentrons déjeuner en ville. Je retourne voir mon petit réparateur qui me dit que l'objectif est réparé mais il y a un problème électronique plus difficile à régler. Il faudra que je revienne vers 20 heures ce soir. Soit. Je croise les doigts. En début d'après-midi, je repars avec le même groupe vers Chan Chan, à 5 kilomètres au nord de la ville. C'est une cité de la civilisation Chimù qui succéda à celle des Moches. Les forteresses et la ville faisaient environ 24 kilomètres carré. 14 sont en cours de fouilles. On y voit surtout des murailles et des murs en adobe de terre. Quelques décorations mais dans l'ensemble, ça ressemble plus à un château de sable rongé par le vent marin. Mais c'est assez majestueux. On imagine assez bien l'organisation de la cité. Au retour, nous faisons une petite halte à Huanchaco, une petite station balnéaire avec ses plages et ses restaurants. Toujours pas de baigneurs, mais plein de surfeurs. De retour à Trujillo, je fonce chez mon réparateur. Il a réussi ! Alléluia ! Mon appareil remarche à merveille. Il est comme neuf. Quel bonheur ! Aujourd'hui est un grand jour. Je vais enfin pouvoir refaire de bonnes photos.

dimanche 15 avril 2012

El Brujo

Je ne comprenais pas pourquoi il fallait plus de 9 heures de bus pour aller à Trujillo ? A vol d'oiseau, ce n'est pas si loin que ça. En fait, le bus redescend vers le sud pour aller récupérer la panaméricaine. Ça fait un gros détour mais la route est goudronnée tout du long. Cela va sans doute plus vite qu'en prenant la piste du nord. Comme je n'avais pas de voisin dans le bus, j'ai pu m'allonger et dormir un peu. Je me réveille en arrivant à Trujillo vers 6 heures du matin. Je prends un taxi qui m'emmène au centre ville. J'ai repéré un hôtel dans mon guide qui n'a pas l'air mal. L'hostal Colonial. Mon chauffeur m'en conseille un autre soi-disant beaucoup mieux. Soit, je n'ai rien réservé. On peut toujours aller voir. La chambre qu'on me montre est sans fenêtre au fond d'un couloir et relativement chère. Je fais comprendre à mon chauffeur que ce n'est pas du tout ce que je recherche. Soit, il m'en propose un autre hors de prix. Je comprends alors qu'il touche une commission par ces hôtels. On va donc arrêter les frais et je lui demande de me déposer au Colonial. Bien m'en a pris. C'est un charmant hôtel près de la Plaza de Armas avec un grand patio intérieur. Je choisis une chambre spacieuse sur la terrasse avec vue sur les toits de la ville et les montagnes environnantes. J'arrive même à négocier le prix. Il y a tout. Télévision, wifi, restaurant, agence de voyage et laverie. J'en profite pour faire laver tout mon linge sale. Trujillo se trouve près de la mer en plein désert. Quel plaisir de retrouver la chaleur et le ciel bleu. J'en avais marre de la pluie et du froid. Au Pérou, on passe facilement d'un climat à un autre en quelques heures. Il suffit de descendre de la montagne. Je range mes affaires de froid et enfile chemisette et short. Le fait de redescendre au niveau de la mer après un mois d'altitude donne une impression de bien-être. On a l'impression d'avoir la pêche grâce aux surplus de globules blancs. Il y a deux sites intéressants à voir à Trujillo. Chan chan et les quebras de la luna. La nana de l'agence de voyage me propose d'aller les visiter demain pour une somme modique. Cette fois, je ne me fais pas avoir. Elle me propose aussi de me joindre ce matin à un groupe qui va visiter le complexe archéologique d'El Brujo, situé à 50 kilomètres au nord. Après tout, pourquoi pas ? Nous sommes dimanche et tout est fermé en ville. Et puis, comme j'ai dormi dans le bus, je ne suis pas trop fatigué, pour le moment. Donc, me voilà reparti avec un groupe de péruviens sympas. La route longe la mer. Il y a de grandes plages de sable. Comme nous sommes dimanche, beaucoup de gens viennent se faire bronzer au soleil. Mais personne ne se baigne. Elle est beaucoup trop froide à cause du courant de Humboldt. Nous traversons de grandes exploitations de cannes à sucre. Des champs à perte de vue. Impressionnant tout ce vert dans le désert. Ils se servent des rivières qui descendent de la sierra pour irriguer les immenses surfaces de plantations. Le site archéologique est situé sur une grande dune aride. Les fouilles sont protégées par une grande bâche suspendue. Ils ont construit à coté un musée en béton dans lequel ils exposent les objets et momies trouvés sur place. Il y a aussi des morceaux de tissus très bien conservés qui datent de plusieurs milliers d'années. C'est très intéressant et assez bien présenté. Du haut du site, on peut contempler toute la région et se rendre compte de l'immense surface cultivée des champs de cannes à sucre. Les sculptures et dessins sur les murs sont assez bien conservés. Nous visitons le site une petite heure puis retournons à Trujillo. La fatigue commence à se faire sentir. Je vais rapidement déjeuner dans un petit resto ouvert près de l'hôtel puis faire une petite sieste. Il est 15 heures et la chaleur cogne. Mais grâce au petit vent frais de la mer, c'est tout à fait supportable. Je crois que je vais bien me plaire ici.

samedi 14 avril 2012

Waullac

Hier soir, j'ai eu le temps d'aller chercher un billet de bus pour Trujillo, une grande ville située dans le nord au bord de la mer, ma prochaine étape. Malheureusement, aucune compagnie de bus ne circulent pendant la journée. Seulement la nuit. Je vais donc devoir attendre jusqu'à 21 heures ce soir. Comme j'ai jusqu'à midi et demi pour libérer la chambre, je glandouille et mets à jour mon blog. Le temps est relativement clair ce matin. On voit bien les sommets enneigés autour de la ville. Je monte sur la terrasse pour prendre quelques photos. Puis je prépare mes sacs que je laisse au dépôt de l'hôtel et vais déjeuner en ville. Je trouve un petit resto sympa dans une cour à l'abris du bruit de la rue. Au menu, il y a du cochon d'inde rôti. Je tente. A l'arrivée du plat, j'ai comme un sursaut. Devant moi, la tête de la bestiole qui ressemble à un gros rat. Allez, courage, faut goûter maintenant. Première difficulté, la peau est très dure à couper. J'en fous partout. Je réclame un couteau qui coupe mieux. Une fois la peau retirée, il ne reste plus grand chose à manger. En fait, c'est pas mauvais. Ça n'a pas vraiment de goût. Mais c'est tellement difficile à décortiquer que je me rabat sur le riz et les patates. Je ne suis pas sûr de retenter l'expérience. Comme il me reste pas mal de temps, je décide d'aller voir les ruines de Willcahuain sur les hauteurs de la ville. Je hèle un taxi mais celui-ci me dit que la piste est très mauvaise pour une voiture et que donc, ça va coûter très cher. On peut y aller à pied mais vu les nuages qui menacent, je ne le sens pas. Il me propose d'aller plutôt visiter le site de Waullac, juste à coté. Vendu. C'est effectivement un petit parc où il y a quelques ruines qui traînent par-ci par-là. Rien de transcendant. Quelques familles pique-niquent. Les enfants jouent au ballon. Ça me fait une petite balade. Je redescends en ville à pied avant que ne tombe la pluie. A peine arrivé à l'hôtel, le tonnerre gronde et il pleut. Je me réfugie dans le salon de l'hôtel en attendant que ça se calme. Je vais dîner rapidement dans un chinois puis vais à la gare routière prendre mon bus.

vendredi 13 avril 2012

Le nevado Pastouri

Aujourd'hui, retour dans le sud de la cordillère pour monter à plus de 5 000 mètres sur les glaciers du Nevado Pastouri. Je retrouve toujours mon chauffeur et mon guide habituels. Je finis par m'habituer au guide qui est finalement plutôt sympa. Dans le minibus, il y a un troupeau de 12 jeunes filles péruviennes qui n'arrêtent pas de papoter. Je retrouve aussi une japonaise qui vit au Pérou depuis cinq ans. Ce sont ses derniers jours. Elle retourne définitivement au Japon la semaine prochaine. Elle en profite pour visiter tous les lieux qu'elle n'a pas eu le temps de voir. Nous descendons jusqu'au village de Catac. Mais auparavant nous faisons une halte au village sinistré de Recuay. En effet, ce village vivait essentiellement grâce à une industrie minière. On peut apercevoir des terrils un peu partout. Or la mine a fermé il y a quelques années et les gens sont partis petit à petit laissant un village abandonné. Depuis, le peu de villageois restant essaye de refaire vivre le village tant bien que mal. Il y a comme un petit air de ville fantôme. Une fois rendus à Catac, nous prenons une piste vers l'est. Paysages de montagnes à vaches, sans arbre. Une petite halte au bord d'un lac avec des sommets enneigés au loin, puis arrêt dans un coin extraordinaire où poussent des Puya Raimondi, des plantes géantes typiques de la région. Elles fleurissent en moyenne tous les cinquante ans. Mais quand elles fleurissent, elles produisent plus de 4 000 fleurs. De loin, on a l'impression que leur bulbe est en or. Le groupe de minettes passent plus de temps à se prendre en photo qu'à apprécier ces merveilles de la nature. Le guide, gentil comme tout, les prend en photo avec les multiples appareils accrochés à son bras. Avec ma copine japonaise, nous préférons allez nous balader parmi ces plantes incroyables. Puis nous montons très haut, vers 5 000 mètres, au pied du Nevado Pastouri. De là, nous avons une heure et demi pour aller nous balader aux pieds des glaciers. Je laisse le troupeau de minettes avec le guide et monte avec ma nippone. Ceux qui veulent peuvent aussi monter à cheval moyennant quelques soles. Pour nous, ce ne sera pas nécessaire. Le chemin est bien balisé. A cette altitude, on s'essouffle vite. Il faut marcher lentement. En haut, nous avons droit à un panorama fantastique. Mais il faut faire vite pour prendre des photos car les nuages arrivent et une fine grêle commence à tomber. Je laisse la japonaise descendre à son rythme avec d'autres marcheurs. Je redescends assez vite jusqu'au minibus et comme il n'y a personne, je dis au chauffeur que je vais redescendre la route à pied. Il me prendra au passage. Il rigole en me disant qu'il risque de m'oublier pour rester seul avec le troupeau de gonzesses. J'emporte mon appareil photo et mon poncho de pluie et c'est parti. Je me retrouve tout seul marchant sur la piste, entouré de sommets à plus de 6 000 mètres. Grandiose ! Les nuages descendent de plus en plus. Il y a un petit vent froid mais il ne pleut pas beaucoup. J'en profite pour prendre de belles photos. Finalement, cette bruine donne un coté irréel assez sympa. Au bout d'une heure, le minibus me rejoint enfin. Nous redescendons gentiment dans la vallée. On entend plus les filles. Certaines ont le mal d'altitude, d'autres vomissent. Ambiance ! Nous rentrons en fin d'après-midi. C'était certainement la meilleure des trois excusions.

jeudi 12 avril 2012

La laguna de Llanganuco

Me voilà reparti pour une excursion mais cette fois-ci dans le nord de la cordillère. Je retrouve mon guide bavard et mon chauffeur de la veille. Nous empruntons la nationale qui va vers le nord et nous arrêtons à Yungay, un petit village maudit par la nature. D'abord, il fut englouti par une avalanche en 1962. Puis complètement dévasté par une coulée de boue dûe au tremblement de terre de 1970. 26 000 personnes ont disparu. De l'ancien village, il ne reste plus rien à part quelques fragments des murs de la cathédrale et des palmiers. Un joli parc et un cimetière ont été réalisés sur les lieux du drame. Du cimetière, la vue sur les montagnes environnantes est magnifique. Malheureusement, nous n'apercevons les sommets enneigés qu'épisodiquement entre deux nuages. Puis, nous grimpons par une piste en mauvaise état dans la montagne jusqu'au lac Llanganuco. La route est longue et fatigante. Nous passons une gorge impressionnante entre deux volcans, dont le Huascaràn, le plus haut sommet du Pérou, 6 768 mètres d'altitude. Bien entendu, nous n'avons pas la chance de le voir. En cette saison des pluies, les nuages sont assez bas. La vue est donc limitée. Mais c'est tout de même joli. Nous avons une petite heure pour nous promener autour du lac. Ceux qui le souhaite peuvent faire un tour de barque ou une balade en cheval. Moi, je préfère marcher. De temps en temps, j'ai droit à un petit rayon de soleil. Le chemin est très joli mais un peu court à mon goût. Il parait qu'il y a plein de randonnées à faire dans ce coin. Mais la météo ne s'y prête guère en ce moment. Nous redescendons par la même piste. Puis, nous allons visiter le village de Caraz, un peu plus dans le nord. Pas beaucoup d'intérêt mais l'endroit a un certain charme. Retour à Huaraz vers 20 heures. Visite sympa, sans plus.

mercredi 11 avril 2012

Chavin de Huantar

Ce matin, il est prévu d'aller à Chavin de Huantar, un village situé dans le sud de la cordillère. Mais auparavant, il faut que j'aille vite acheter un nouvel appareil photo. Je fonce donc en ville dès l'ouverture des magasins. Je ne rencontre que des petites boutiques qui vendent des appareils d'entrée de gamme. Je ne trouverai jamais mon bonheur ici. Mais je n'ai pas le choix. Faudra faire avec. J'achète donc un petit Canon pas cher. Ça me dépannera. Puis je retourne à l'hôtel où m'attend un minibus rempli de touristes. Nous voilà partis. Il fait plutôt beau ce matin. Pourvu que ça dure. Nous empruntons d'abord la route nationale qui descend vers Lima, puis à Catac, nous bifurquons dans la montagne. Les paysages sont similaires à ceux que l'ont peut voir chez nous en haute montagne. C'est joli. Nous nous arrêtons à coté d'un grand lac pour la pose photo. Le soleil a laissé sa place aux nuages. Ça manque un peu de lumière. Puis nous repartons et montons jusqu'à un col situé à 4 520 mètres. La route est longue et fatigante. Elle a été asphaltée il y a longtemps. Il ne reste plus beaucoup de goudron. Nids de poules et ornières. Vitesse maximum, 30 kilomètres heure. Heureusement, les panoramas sont jolis. Je fais la connaissance d'un couple de seniors belges très sympa. Ils voyagent tranquilles comme moi. Ça fait plaisir de reparler français. Une fois le col passé, nous redescendons en lacets jusque dans la vallée où se trouvent plein de petits villages, dont Chavin de Huantar. Il y a là un grand temple qui servait de lieu de culte et de cérémonies. Il date de la civilisation Chavin, 2 000 ans avant les incas. Il n'est pas impressionnant mais assez bien conservé. Surtout les galeries souterraines et le système d'irrigation. Mais auparavant, nous visitons le musée qui vaut le coup d'oeil. Il a été entièrement financé et construit par les japonais. Tous les objets trouvés sur le site archéologique sont présentés ici. Et pour une fois, ils sont bien mis en valeur. Nous déjeunons dans un resto touristique du village. Une truite au court bouillon. Pas mal. Petite promenade digestive dans le village puis visite du temple. Intéressant mais notre guide est trop bavard. Il me fatigue. Je m'éclipse pour prendre des photos tranquillement. Mon nouvel appareil n'a pas l'air terrible. Il faut que je passe beaucoup de temps pour trouver les bons réglages. On verra le résultat ce soir. Puis la pluie nous tombe dessus. Nous allons nous réfugier dans les galeries souterraines. Elles sont plutôt bien conservées. Comme je n'écoute pas les commentaires du guide, je n'ai pas trop compris à quoi elles servaient. Une fois la visite terminée, nous voilà repartis vers Huaraz par la même route, mais cette fois sous la pluie. Nous arrivons à Huaraz vers 20 heures bien fatigués. De retour à l'hôtel, je me précipite sur ma tablette pour voir le résultat des photos. Un peu déçu par la qualité mais je m'y attendais. Pour le moment, faudra s'en contenter.