mardi 10 avril 2012

Huaraz

Moïse, qui n'est pas du genre à laisser tomber, repasse me voir à l'hôtel vers 8 heures. Il veut absolument me vendre ses circuits touristiques. Je lui fais comprendre que ma priorité pour le moment, c'est de réparer mon appareil photo. Sans appareil, pas de circuit. Il me dit qu'il connaît un type qui est super fort pour ce genre de réparation . On peut le voir rapidement ? Bien sûr. Il l'appelle au téléphone et lui donne rendez-vous dans sa petite agence de voyage située en centre ville. Nous partons donc rencontrer cet homme providentiel. Le type regarde mon appareil et me dit que ce genre de panne arrive souvent et que ça ne devrait pas être très compliqué à réparer. Normalement, ce soir, ce devrait être fini. Bon espoir, donc. Je lui laisse mon appareil en croisant les doigts. Moïse voyant ce problème résolu revient à la charge pour ses circuits. Je l'écoute. Il me propose trois circuits. Un dans le nord et deux dans le sud. Il m'explique que ce sont les principaux sites à voir absolument. Ok, combien ? 70 soles chacun, soit 210 soles mais comme tu es un ami, je te fais le tout à 200 soles. Comme il m'a l'air honnête, j'accepte et paye. Maintenant, j'ai la journée tranquille pour découvrir la ville. Huaraz est située au milieu de la cordillère blanche où se trouve les plus grands sommets du Pérou, à plus de 6 000 mètres d'altitude. Elle a été entièrement détruite par un tremblement de terre en 1970. Il a laissé derrière lui 80 000 morts. Il ne restait plus rien debout à part deux murs de la cathédrale. Il a donc fallu tout reconstruire et vite. Huaraz a été rebâtie sur le modèle américain, c'est à dire nul. La ville a donc peut de charme. Je vais me renseigner à l'office du tourisme pour savoir ce qu'il y a d'intéressant à voir, histoire de passer le temps. Elle me propose le musée situé juste à coté et quelques lieux et places éparpillés dans la ville. Bref, pas grand chose de folichon. J'en profite pour lui demander ce qu'il y a à faire dans la région. Elle me parle des mêmes circuits que ceux que m'a proposé Moïse. J'en profite pour lui demander si elle une idée des prix. Environ 40 soles par circuit. L'enfoiré de Moïse ! Il m'a bien eu. Je vais vérifier, par acquis de conscience, dans une autre agence de voyage. Effectivement, je me suis fait roulé. Ah que je n'aime pas ça ! Je repasse à l'agence de Moïse pour en discuter avec lui. Fermée. On verra ça plus tard. Il ne fait pas beau, le ciel est couvert. Je vais visiter le musée. Il n'y a pas grand chose d'intéressant. Quelques sculptures, poteries et outils de la civilisation pré-inca Moche. Mais que c'est mal présenté ! Ce musée est sale, vieillot et poussiéreux. C'est dommage, avec un peu de déco, ils pourraient faire un truc sympa. Il n'y a personne, à part trois couillons de touristes comme moi. Puis je vais déambuler dans la ville. Bof ! En fin d'après-midi, toujours pas de nouvelle de Moïse et de mon appareil photo. Comme je n'ai plus vraiment confiance en ce type, je m'inquiète un peu. Ce n'est que vers 20 heures qu'il passe à l'hôtel pour m'expliquer que la réparation de l'appareil est plus compliquée que prévue. Le type n'aura sans doute pas fini avant demain matin. Je fais comprendre à Moïse que vu l'arnaque qu'il m'a fait ce matin sur le prix des excursions, j'ai moyennement confiance en eux. Je préfère récupérer l'appareil. Je le ferai réparer en France. J'en rachèterai un autre ici pour la suite de mon voyage. Il revient avec l'appareil une heure plus tard. L'objectif a été forcé. Un massacre. Faire confiance à ce type n'était finalement pas une bonne idée. Mauvaise journée.

lundi 9 avril 2012

La route est coupée !

J'ai bien dormi. Mais j'avais tellement besoin de sommeil que ce n'est pas étonnant. Je n'ai pas eu trop froid. Les couvertures en laine lama ont fait leur effet. Je vais prendre mon petit déjeuner avec toute la petite famille. Grâce au feu de la cuisinière, il fait bon dans la pièce. Le plafond est noir de suie. Consuela m'explique que cette maison a plus de cent ans. C'était ses parents et ses grands-parents qui l'habitaient. Aujourd'hui, il ne fait pas très beau. On annonce de la pluie. Ça me conforte dans l'idée de partir. Sans appareil photo, je suis comme un cowboy sans colt. Je préfère me rendre le plus rapidement possible dans une grande ville pour le faire réparer. Consuela m'annonce que la route est coupée à cause de la pluie tombée cette nuit. Le minibus qui devait partir à 11 heures n'a pas pu passer à cause de l'état de la piste. Trop de boue. Que faire ? Rester ici à attendre un hypothétique départ demain et aller se balader dans les nuages ? On me dit qu'il y a peut-être des transports qui fonctionnent dans le village voisin, Chavin de Pariarca, situé à une dizaine de kilomètres de là. Après tout, ça fait deux bonnes heures de marche. Ça se tente. Je prépare donc mon sac. Je m'équipe pour une marche qui risque d'être humide puis vais dire au revoir à Consuela. Au moment de partir, une moto passe devant nous. Consuela lui demande où il va. À Chavin. Peut-il me transporter moyennant finance. Ok ! Super ! Je grimpe à l'arrière de sa bécane avec mes deux sacs. Le gros sur le dos et le petit devant. Nous voilà partis. Très vite, nous rendons compte de l'état de la piste. De la boue partout et des ornières de camion énormes. Ça glisse bien. J'ai horreur d'être derrière une moto. Là, je suis servi ! Mais mon chauffeur est plutôt doué. Il n'empêche qu'il faut s'accrocher. Plusieurs fois, je suis obligé de descendre de la moto car c'est trop risqué. Pour éviter les ornières de boue, nous sommes parfois contraint de passer sur les cotés de la route et de longer le ravin. Faut pas que ça glisse... Séquence frisson ! Puis, pour couronner le tout, la pluie nous tombe dessus. Nous nous arrêtons dans un petit bistrot le temps que ça se calme. Il y a là trois poivrots qui sirotent de l'alcool local. Je suis obligé de me reculer lorsqu'ils me parlent tellement ils empestent. La pluie se calme. Nous repartons. Une vraie patinoire. Finalement, au bout d'une heure de piste d'enfer, nous arrivons, sans être tombés, à la place du village de Chavin. Je pense que j'aurai mis beaucoup plus de temps que prévu si j'étais venu à pied. Et dans quel état ! Je remercie chaleureusement mon chauffeur qui a conduit comme un chef. Je me renseigne sur les possibilités de transport pour me rendre à La Union, située à une centaine de kilomètres de là. On me répond qu'un minibus est parti ce matin et qu'il n'y en aura pas d'autre aujourd'hui. La poisse ! Il y a un petit hôtel tout miteux sur la place. Au moins, je ne dormirai pas dehors. Je vais me renseigner. Le type me dit d'attendre un peu. Il y a parfois des voitures ou des camions qui passent. Je vais donc m'installer sur un des banc de la petit place et attend qu'une opportunité passe. Je discute un peu avec une femme qui vend des bonbons. Elle est gentille. Elle me remonte le moral en me disant que je vais sûrement trouver un véhicule cet après-midi. Il se met à pleuvoir. Je vais me réfugier avec elle dans les locaux de la municipalité. C'est sommaire mais au moins, on est à l'abris. Je partage quelques gâteaux secs avec elle. Arrive une camionnette 4x4 avec deux ingénieurs de travaux publics pour les travaux de la route. Ils viennent voir les services techniques de la ville. Puis ils repartent. Comme je pense qu'ils travaillent dans le coin, je n'ai même pas l'idée leur demander s'ils peuvent m'emmener. Cinq minutes plus tard, une autre voiture s'arrête devant nous. Le conducteur nous demande si on n'a pas vu passer une camionnette. Je lui confirme que oui, il y a à peine cinq minutes et qu'elle est partie par là. Je lui demande si, par la même occasion, il ne pourrait pas m'avancer un peu. Il n'a pas l'air très enthousiaste à l'idée mais en insistant un peu il finit par accepter. Je dis au revoir à ma copine et me voilà reparti. Je finis par comprendre que mon chauffeur veut rattraper le 4x4 pour retourner avec eux à Huanuco. Il fonce donc dans la boue. On racle le fond de caisse plusieurs fois. Dérapages controlés. Du Dakar en direct. Son unique but, rattrapper cette foutue camionnette. On l'aperçoit au loin. Il fonce de plus bel. Nous finissons par la rattraper. Nous sommes à peine à une centaine de mètres derrière elle. Appels de phare et coups de klaxon. Soudain, une flaque de boue. On cale au milieu. Impossible de redémarrer. La camionnette ne nous a pas vu, elle continue son chemin. Mon chauffeur est furieux. Il met un temps fou à ouvrir le capot qui est bloqué. Lorsqu'on arrive enfin à le décoincer, il découvre qu'une cosse s'est débranchée. Sûrement à cause des vibrations et chocs de sa conduite sportive. Puis nous voilà reparti à fond. J'accroche ma ceinture. Je ne sais pas si ça servira à grand chose, surtout au fond du ravin. On va dire que c'est psychologique. Nous croisons des ouvriers sur la route. Au passage, il en prend un pour ramener son véhicule lorsqu'il aura rattrapé ses collègues. Au bout de dix minutes, nous finissons par les doubler dans un village. Nous montons donc tous les deux dans la camionnette. L'ouvrier fait demi-tour et ramène le véhicule sur le chantier. Les trois ingénieurs me proposent de me déposer en bas de la vallée au croisement des trois routes. Eux retournent sur Huanuco et moi, je veux aller vers Huaraz. On discute sur les travaux de la route. Difficile de bosser dans ses conditions climatiques. Au milieu d'un village nous rencontrons un gros bus qui patauge dans la boue. Comme nous sommes bloqués derrière lui, j'en profite pour lui demander où il va ? À La Union ! Incroyable, j'ai le cul bordé de nouilles... Je dis au revoir à mes trois ingénieurs de la route et monte dans le bus. J'apprends qu'il va jusqu'à Lima. Génial, il va pouvoir me déposer encore plus loin, jusqu'au croisement de la route Lima-Huaraz. Je n'aurai plus qu'à trouver un autre bus pour faire les 80 kilomètres restant. C'est dans ces moments là qu'on est heureux de vivre. On se dit que finalement tout n'est pas si compliqué. Mais je reconnais que j'ai quand même beaucoup de chance en général. Nous nous arrêtons dans tous les villages pour ramasser des voyageurs. Ça prend du temps mais je suis confortablement assis et je ne suis pas pressé. Je m'émerveille devant tout ces paysages splendides. Il y a plein de petits villages perchés sur la montagne. Nous descendons doucement dans la vallée jusqu'à Puente Tingo où nous retrouvons le goudron. Notre vitesse moyenne augmente alors fortement. Malheureusement, la nuit tombe vite en montagne et bientôt nous n'apercevons plus que les silhouettes des reliefs. Nous grimpons pour atteindre un col à 4 720 mètres d'altitude. Puis nous redescendons doucement. Tout le monde dort plus ou moins dans le bus. Nous arrivons enfin à ma bifurcation vers 21 heures. Le bus me dépose le long de la route. Je pensais que c'était un village mais non, quelques cahutes au bord de la route qui vendent du fromage. Maintenant, le plus dur, ça va être d'arrêter un bus en pleine nuit. En marchant quelques mètres, je découvre une petite boutique qui vends des boissons et des barres chocolatées. J'ai à peine le temps de demander le prix que j'aperçois un bus qui va dans ma direction. Je lui fais un signe de la main. Il s'arrête. Vous allez Huaraz ? Oui, montez ! Incroyable, je n'ai même pas attendu cinq minutes. Je me demande s'il n'y a pas une caméra cachée ? Qui aurait parié que je serai à Huaraz ce soir ? C'est un bus luxueux à deux étages. À l'intérieur, tout le monde dort. Je m'installe confortablement à une place de libre et ferme les yeux comme tout le monde. Une petite heure plus tard, nous arrivons sous la pluie à Huaraz. Il est 10 heures, il va falloir trouver une chambre d'hôtel. Ça ne devrait pas être très compliqué. Hauraz est une ville touristique d'où partent de nombreuses randonnées à pied. Au pied du bus, un type propose son agence de voyage pour faire des excursions dans la région. Je lui réponds que pour le moment, ma priorité est de trouver un hôtel. Il en connaît un près de la Plaza de Armas. Pas cher et vachement bien. Après tout pourquoi pas ? Ça m'évitera de chercher dans la nuit et sous la pluie. En puis, s'il n'est pas bien, je changerai demain. Au passage, il harponne une touriste suédoise. Nous voilà tous les trois partis à pied vers l'hôtel. Effectivement, il n'est pas mal. Moïse, c'est son prénom, nous propose de nous revoir demain pour nous proposer ses excursions. Ok, demain parce que là, crevé ! Comme je n'ai rien avalé de la journée, je vais rapidement dîner dans un chinois puis douche puis au lit. Quelle journée !

dimanche 8 avril 2012

Tantamayo

Effectivement, j'ai beau me retourner dans tous les sens, impossible de fermer l'oeil. Vers 6 heures, on a un contrôle de police à Quivilla, à mi-chemin environ. Vérification des papiers et fouille des bagages. Je commence à être habitué. Ça devient banal. Le jour s'est levé. On voit apparaître les nuages qui s'accrochent aux montagnes. C'est plutôt joli. On suit un rio puis montons dans la montagne. La route est vertigineuse. Il s'est arrêté de pleuvoir mais la route est restée très glissante. On serre les fesses. Certains ponts sont fait de rondeaux de bois avec de la terre dessus. Faut que ça tienne ! La vue de la piste est magnifique. Ça vaut vraiment de coup. Plusieurs petits villages sont accrochés à la montagne. Je tente quelques photos en ouvrant la fenêtre. Sur la piste, il y a des ornières de boues impressionnantes. Même les piétons ont du mal à passer. Nous arrivons à Tantamayo vers 9 heures, comme prévu. C'est en fait un gros village de montagne. Je me renseigne pour savoir où dormir. Il n'y a pas d'hôtel mais ici, on loge chez l'habitant. Une senora, Consuela, me propose un chambre trés sommaire au premier étage de sa maison. Elle vit là avec son mari, son fils, sa belle-fille et leurs deux enfants. Plus, bien entendu, les chiens, les poules, les cochons... Bref, il y a de la vie dans la cour. Ça me convient parfaitement. De toute manière, je n'ai pas trop le choix car il n'y a que là qu'on heberge les gens de passage. Je demande s'il y a beaucoup de touristes qui viennent par ici. Peu... Des fois en juillet et août. Je m'installe rapidement puis décide d'aller voir les ruines de Susupillo qui se trouvent sur le sommet d'une montagne à deux heures de marche. Les nuages se dispersent et le soleil apparait. Le chemin est assez facile à trouver. D'abord il descend vers le rio puis monte raide jusqu'à un petit village. Les paysages panoramiques sont fantastiques. Je tente quelques raccourcis mais sans succès. Sur le chemin, je rencontre un paysan qui me propose de monter sur sa mule. Je trouve l'idée marrante. Je monte juste pour traverser un passage boueux. Je demande à un gamin de me prendre en photo. C'est manifestement la première fois qu'il prend une photo. Le résultat n'est pas très concluant. Faudra recadrer. Le paysan me propose de m'emmener jusqu'aux ruines moyennant finance. Je lui explique que je préfere marcher. Arrivé aux ruines, catastrophe. L'objectif de mon appareil photo s'est bloqué. Impossible de prendre des photos. Quelle galère ! Je visite les ruines pré-incas sans pouvoir ramener une seule photo. J'enrage. En plus, elles sont plutôt jolies ces ruines. Il y a des maisons à plusieurs étages. Par contre, je ne comprends pas pourquoi ils sont venus s'installer ici. C'est venteux et froid. Il n'y a que quelques bergers qui vivent ici. Je mange quelques gâteaux secs en m'installant au soleil au pied d'une tour, puis je redescends. Je discute avec quelques paysans rencontrés sur le chemin. On parle de la pluie et du beau temps. Je rentre à Tantamayo en fin d'après midi. Je dîne avec toute la famille. Consuela a préparé de la soupe au riz et au patates, puis il y a du riz et des patates avec un petit morceau de poulet. Dans la salle à manger, il y a une vingtaine de gros cochons d'inde qui gambadent partout. Consuela m'explique, qu'ici, on les mange. Elle fait de l'élevage pour les vendre. Je discute un peu avec le papa qui cultive un champ à une heure de marche d'ici. Maïs, Quinua, mais surtout pommes de terre. Il a aussi quelques vaches. Il vend le lait à des particuliers. Il n'y a pas de coopérative ici. Ça n'est pas dans les traditions. Je salut tout le monde et vais me coucher. Il caille sévère dans la chambre. Je mets quatre couvertures sur mon lit. Cette histoire d'appareil photo me tracasse mais je dors comme un loir.

samedi 7 avril 2012

Glande à Huanuco

Aujourd'hui, j'ai envie de me reposer. A force de crapahuter partout, il y a des fois où on a besoin de faire une pause. Comme mon bus ne part qu'à deux heures cette nuit, j'ai réservé la chambre une journée de plus. Il y a bien la télévision mais elle est de mauvaise qualité et les programmes sont vraiment nuls. J'en profite pour prendre le temps de trier mes photos et mettre à jour mon blog. L'air de rien, ça prend un temps fou ce truc. Mais ça donne un but au voyage et je sais que je serai ravi de le relire dans quelques années. Je vais déjeuner dans un immense restaurant chinois. Ici, on dit "chifa". Des nouilles sautées au canard. Pas mal. Sieste puis petit tour en ville. Lecture du journal dans un bistrot. Il fait lourd. Dans la soirée, une pluie violente s'abat sur la ville. Les rues sont inondées mais il fait plus frais. Vers 10 heures, j'essaie de m'endormir mais comme mon inconscient sait qu'il va falloir que je me réveille bientôt, impossible de trouver le sommeil. J'entends des bruits de pétards dehors. Des coups de feux ? Non, des feux d'artifices. Il est minuit et c'est Pâques. Les différents quartiers de la ville fêtent l'évènement. En fait de feux d'artifices, ce sont plutôt des fusées qui pètent en l'air. Bref, impossible de dormir. Je quitte l'hôtel à une heure du mat pour me rendre en tricycle à l'agence de bus Charski. Il n'arrête pas de pleuvoir. Arrivé sur place, surprise ! Tout est fermé. Pas une lumière. Bizarre. Je vérifie mon billet. Je me suis peut-être trompé de jour. Mais non, tout est normal. Peut-être ont-ils annulé le voyage à cause de la pluie ? On m'a dit que la piste n'était pas bonne. Je frappe à la porte, sonne à la grille. Personne. Ça alors ! Je ne sais pas quoi faire ? Retourner à l'hôtel ? Je ne vais pas rester ici en pleine nuit sous la pluie à attendre. Finalement au bout de cinq bonnes minutes, la porte finit par s'ouvrir. Un jeune type en sort. Je demande si c'est bien cette nuit que part le bus pour Tantamayo. Il me confirme qu'il partira bien à deux heures mais que là, il n'est qu'une heure et quart. Il me propose d'attendre dans la salle d'attente. Bien volontier. Je libère mon taxi-tricycle. Je discute un peu avec le jeune en attendant l'heure. Effectivement, au bout d'une demi-heure, les gens arrivent les uns après les autres. La plus part ont l'air de se connaitre. Ils se saluent. Ce sont surtout des paysans qui retournent au village. Beaucoup d'enfants. Le bus est le plus pourri que j'ai pris jusqu'à présent. Il y a des fuites de pluie à travers le toit. On s'enfonce tellement dans les sièges que les yeux arrivent à peine au niveau de la fenêtre. De toute manière, elle est tellement dégueulasse que ça ne changerait pas grand chose. Le bus se remplit petit à petit et nous partons à l'heure sous un déluge de pluie. Impossible de dormir. Ça bouge trop et le moteur fait un raffut du diable. En plus, le chauffeur a mis de la musique péruvienne assez forte. Je pense que c'est pour ne pas qu'il s'endorme. Bref, je pense que ce voyage va être fatiguant.

vendredi 6 avril 2012

La Cueva de las Lechuzas

Finalement, je n'ai pas trop mal dormi. Mais je suis réveillé à 6 heures avec l'ouverture du marché. Je vais prendre mon petit déj dans un bistrot rempli de vacanciers. Dès le matin, ils s'empiffrent de plats de viande. Moi, je me contente d'un café et du pain, à la française. Je me renseigne pour trouver un moyen pour me rendre à la Cueva de las Lechuzas (grotte des chouettes). Il parait que ça vaut le coup. Je trouve un tricycle qui m'y emmène pour quelques soles. La route grimpe dans la montagne. Très beaux paysages. Sur le chemin, beaucoup de policiers et de gens en armes pour protéger les touristes des brigands potentiels. On me répète souvent de faire attention. Je ne sais pas si c'est vrai ou si c'est de la paranoïa mais je ne me sens vraiment pas en insécurité. Mais bon, je pense que ces gens ne sont pas là par hasard. Il doit y avoir une raison. Au bout d'une quinzaine de kilomètres, j'arrive à la fameuse grotte. Beaucoup de visiteurs. Elle est assez grande mais on ne peut parcourir qu'une centaine de mètres à l'intérieur. Beaucoup de chauve-souris au plafond. Il tombe fréquemment des gouttes d'eau. Enfin, j'imagine que ce sont des gouttes d'eau... Une fois sorti, je vais me balader sur un petit chemin de randonnée. Il n'y a plus personne. Belle promenade à travers la végétation luxuriante. Encore de beaux papillons et des oiseaux magnifiques à plumes jaunes. Le zoom de mon appareil n'est malheureusement pas assez puissant pour les prendre en photo. C'est la première fois que je regrette mon reflex. Au bout de deux heures de marche tranquille, je retourne à l'entrée du parc. Je voulais rentrer en ville à pied mais tous ces gens en armes me font flipper un peu. Je prends donc un tricycle qui a la gentillesse de m'arrêter de temps en temps pour prendre des photos sur la route. Arrivé en ville, je retourne à mon restaurant gastronomique. Cette fois, je tente une tranche de porc accompagnée de patates et d'une sauce à la bière. Je confirme ses deux étoiles. Après une petite digestion, il est temps pour moi de rentrer à Huanuco. Je me dirige donc au carrefour où se trouve les taxi-collectifs. Cette fois-ci, notre chauffeur est beaucoup plus cool, et donc nous aussi. Le voyage se déroule sans problème. Je suis assis à l'arrière, à coté d'une grand-mère qui me raconte sa vie. Elle fait des études de santé à l'université de Huanuco. C'est l'état qui paye. Comme le pays n'a pas assez de médecins, il forme des agents de santé pour assurer une présence médicale dans les villages reculés. Elle habite en pleine jungle amazonienne. Elle m'a dit le nom de son bled mais je ne m'en souviens plus. En tout cas, elle est marrante et plein d'énergie. Arrivé à Huanuco, je demande à mon chauffeur s'il peut m'indiquer une compagnie de bus qui pourrait m'emmener demain à Tantamayo dans le nord. Il parait qu'il y a plein de ruines intéressantes à visiter. Il me conduit donc à la compagnie Chasqui. Ils ne proposent qu'un départ par jour, à deux heures du matin. Je ne me sens pas du tout en forme pour partir ce soir. J'achète donc un billet pour samedi soir. Demain, ce sera repos.

jeudi 5 avril 2012

Tingo Maria

Au début, je ne souhaitais pas particulièrement aller faire un tour dans la jungle amazonienne, la selva. Il y a bien les villes comme Iquitos et de Puerto Maldonado qu'on peut visiter, mais elles ne sont accessibles qu'en avion ou alors par des transports terrestres bien galères. Et puis, j'ai l'impression que ce sont des endroits très fréquentés par le tourisme de masse. Or il se trouve que Tingo Maria, petite ville située dans la selva alta (650 mètres d'altitude), se trouve à seulement 120 kilomètres, soit deux heures de bonne route de Huanuco. Je décide donc d'y faire un saut. Je laisse un gros sac à la consigne de l'hôtel et ne prends avec moi que mon petit sac à dos avec un minimum d'affaire. Pour se rendre à Tingo Maria, il faut prendre un taxi collectif. Dès qu'on est six, trois derrière et trois devant, on peut partir. Il faut discuter ferme le prix car on peut facilement se faire arnaquer. Je ne tarde pas à en trouver un qui part rapidement. On est un peu serré mais deux heures, c'est vite passé. Le chauffeur conduit à toute berzingue. Il se prend pour Schumacher mais sans le casque ni la ceinture de sécurité. Faut serrer les fesses et les dents dans les virages. On se rassure en se disant qu'il connait parfaitement la route (il fait l'aller et retour trois fois par jour). Pour lui, les lignes blanches ne servent qu'à décorer la route. Les dépassements des camions sont vraiment flippant. D'abord, la route monte jusqu'à un col. Là, il y a un tunnel. De l'autre coté, c'est un autre monde. Nous sommes dans les nuages. Il fait très humide. La végétation est abondante. L'eau ruisselle de partout. L'asphalte de la route n'existe presque plus. Puis nous descendons en lacets jusqu'à Tinga. Plus on descend, plus la chaleur devient moite et suffocante. Ambiance tropicale. Arrivé en ville, mon chauffeur, finalement très sympa, me fait la tournée des hôtels en ville pour trouver une chambre pas trop chère. Comme c'est la semaine sainte, et que beaucoup de péruviens sont en vacances, la plus part sont complets. Je finis par trouver une chambre juste en face du marché. Bruit infernal. Les fenêtres ferment à peine. On n'entend même pas le son de la télévision. Heureusement, j'ai pensé à emporter mes boules Quiès. Comme il est trois heures et que je n'ai toujours pas déjeuné, je cherche un resto pas trop mal. J'ai faim. Tingo Maria ressemble à une ville balnéaire. Il y a une esplanade centrale avec une allée entourée de palmiers. C'est assez agréable. Mais il faut chaud et humide. Beaucoup de vacanciers des villes de la selva amazonienne viennent prendre le frais ici. C'est un comble. Il parait que là-bas, c'est pire. Je finis par trouver un resto genre grill qui me prépare une dorade grillée. C'est divin. Deux étoiles méritées sans discuter. Puis je prends un petit tricycle à moteur pour me rendre à la Cueva de Pavas (grotte des dindes), à une douzaine de kilomètres. Le site n'a rien d'extraordinaire mais on peut se baigner dans la rivière ou faire de belles balades à pied. Il y a beaucoup de monde à l'entrée, mais au bout de dix minutes de marche, il n'y a plus personne. Je me promène donc tout seul dans la jungle, accompagné d'énormes papillons de couleurs incroyables. Je croise de temps en temps quelques paysans. On discute un peu de la pluie et du beau temps. J'aperçois des plantations de bananes, de cacao, de papayes et de pleins d'autres trucs que je ne connais pas. Je marche jusqu'à un petit village complètement paumé puis je retourne sur mes pas pour retrouver la route. Retour en ville en tricycle accompagné de deux femmes et de deux gamins venus vendre des pacotilles aux touristes. On rigole bien. Au début les gamins sont calmes et tout timides mais au bout de quelques minutes, je ne sais plus comment les arrêter. Je vais acheter du pain et quelques fruits au marché pour dîner puis retrouve ma chambre d'hôtel avec ses moustiques et ses cafards gros comme le pouce.

mercredi 4 avril 2012

Les alentours de Huanuco

Une guide de la petite agence de tourisme vient me chercher à l'hôtel à 9h30. Normalement, nous devions être deux pour faire la visite des environs de la ville, mais l'autre s'est désisté au dernier moment. Résultat, j'ai pour moi tout seul deux guides et un chauffeur de taxi. Une des guides s'est vêtue d'un habit traditionnel. C'est sympa mais la pauvre, avec la chaleur, elle doit suffoquer sous ses cinq jupes. Elle m'explique que plus la femme est riche, plus elle porte de jupes. Ça fait un peu folklorique mais c'est marrant. Elle insiste pour qu'on nous prenne tous les deux en photo. Allez, ça fera marrer mes amis. Je pensais qu'elle ne serait là qu'au début pour nous montrer sa tenue. Mais non, elle nous suit durant toute la visite. Nous allons d'abord voir le joli pont du 19ème siècle qui se trouve en bas de la ville. Le puente Calicanto. Il est fabriqué de pierres volcaniques, de sable, de chaux et de blanc d'oeufs. Veridique. Il parait qu'il y en a trois comme ça au Pérou. Après, nous allons visiter le temple pré-inca de Kotosh, situé à une dizaine de kilomètres de là. Il a été découvert par des géologues japonais. Sans grand intérêt. Mais avec ma poupée russe, je fais sensation. Puis c'est la visite d'une petite distillerie de canne à sucre. Ça sent bon l'odeur du rhum et du caramel. Il y a un très joli moulin métallique qui fonctionne encore. Nous finissons la tournée par la visite de la maison de naissance d'une grande actrice péruvienne du 18ème siècle dont je ne me souviens même plus du nom. Il lui est arrivé pleins de malheurs, la pauvre. Une des guides me raconte toute son histoire. Un vrai conte de fée. Mais pour être honnête, j'avoue que je m'en fous complètement. En tout cas, l'endroit est paisible. Voilà, le petit tour est terminé. Toute ma suite me raccompagne en ville. Je leur laisse un bon pourboire pour faire plaisir à Ben...

mardi 3 avril 2012

Huanuco

Finalement, j'ai dû dormir un peu. Mal mais un peu. J'ai le cou en compote. Je me réveille lorsque nous arrivons à Huanuco. Il est 5h30. Je n'ai aucune information précise sur cette ville. La gare étant assez loin du centre ville, je prends un taxi-moto-tricycle pour me rendre à la place centrale. Là, je finirai bien par trouver un hôtel. Bien sur, tout est fermé à cette heure. Mon chauffeur me conseille d'en prendre un sur la place. Il y en a trois collés les uns aux autres. Je prends le premier qui répond à la sonnette, l'hôtel Vegas. Il me trouve une chambre au cinquième étage, coté arrière, pour éviter le bruit de la place. Il y a une très jolie vue sur la colline qui surplombe la ville. Comme il est encore tôt, je me recouche, histoire de récupérer un peu. Je me lève vers 9 heures pour aller prendre mon petit déjeuner au resto de l'hôtel. Puis je vais me balader en ville. Huanuco est une petite ville très agréable. Nous sommes descendus à 1 900 mètres d'altitude. Il fait donc beaucoup plus chaud. J'ai rangé la polaire et mon jean, et mis des vêtements plus légers. Pas un touriste en vue. Je m'achète deux chemisettes au petit marché du coin. J'en profite pour discuter un bon moment avec les commerçants. Ils sont content de voir des étrangers de temps en temps. Ils me posent un tas de questions sur Paris et l'Europe. Très sympas. Par contre, pas moyen de trouver un bureau d'information touristique. Et mon guide est très léger sur ce coin. Je trouve quelques trucs sur Internet grâce à ma tablette. La réceptionniste de l'hôtel m'indique une agence de voyage qui pourra peut-être me renseigner. J'y vais. Je tombe sur un couple très chouette qui me propose de faire un tour de la région demain. Banco, ça marche. Je continue à découvrir la ville. Rien de folichon, mais c'est agréable de s'y promener. Je m'arrête quelques instants dans la cathédrale moderne. L'exterieur est assez massif et je n'aime pas trop mais l'intérieur est intéressant. Il y a une grande messe en cours. Semaine sainte oblige. Chaque fois que je m'arrête dans une boutique, les gens discutent avec moi. Adorables. Faut dire que je suis facilement repérable. Je fais une tête de plus que tout le monde.

lundi 2 avril 2012

Huancayo

Du haut de ma tour d'ivoire, j'ai plutôt bien dormi malgré le bruit de la rue très passante. Je vais prendre mon petit déjeuner au dernier étage. Beau panorama sur la ville et les montagnes environnantes. Je quitte ma chambre à midi, pose mon sac à la consigne de l'hôtel et vais me balader en ville. Rien de transcendant. Même les églises qui ont été restaurées récemment ont perdu de leur charme. Je achète mon billet de bus pour Huanuco. C'est un bus confort. On peut abaisser les sièges et étendre les jambes. Départ cette nuit à 10h20 pour une durée de 7 heures. Il n'y a que des voyages de nuit pour cette destination. Tant pis. Maintenant, il faut que je passe le temps jusqu'à ce soir. Je déambule dans les rues au hasard. J'arrive tant bien que mal à trouver une carte de la ville dans une petite agence de tourisme. Les pauvres n'ont pas trop de clients. Tu m'étonnes ! Je fais des arrêts dans des cafés où j'en profite pour étudier la suite de mon voyage sur mon guide. Je dîne vite fait sur la terrasse de mon hôtel puis me dirige vers la gare routière. Heureusement, elle n'est pas trop loin. Je peux m'y rendre à pieds. Le bus part à l'heure. Je suis confortablement installé devant. Il pleut. La vitre est complètement embuée. On n'y voit rien. Il ne reste plus qu'à essayer de dormir.

dimanche 1 avril 2012

La route des oubliés

Je me lève tôt car il faut que je prenne mon bus ce matin pour Huancayo. Il part à 8 heures. Je regrette de partir si vite d'Ayacucho. C'était une ville bien paisible où l'on resterait bien pour se reposer. Mais il n'y a pas grand chose à faire et puis, l'air de rien, le temps passe. Cela fait déjà un mois que je suis au Pérou et il y a encore plein de trucs à voir. J'ai préféré prendre le bus de jour pour voir les paysages. Le trajet dure 10 heures pour à peine 260 kilomètres. Il y a 30 kilomètres de goudron au début jusqu'à Huanta, puis 160 kilomètres de mauvaise piste puis enfin 70 kilomètres de bon goudron pour arriver à Huancayo. Comme toutes les boutiques sont fermées en ville, je vais prendre mon café à la gare routière. Gare toute neuve d'ailleurs. Ce qui n'est pas le cas de mon bus, mais je comprendrai tout à l'heure pourquoi. Nous partons à l'heure. J'avais réservé une place au milieu du bus car je ne voulais plus être derrière le chauffeur. Je ne sais pas pourquoi, mais ils mettent systématiquement un rideau entre la cabine chauffeur et les passagers. Comme s'ils ne voulaient pas qu'on regarde la route. Résultat, les places de devant ne sont pas très agréables. Or cette fois, justement, il n'y a pas de rideau. Comme je vois qu'il y a une place de libre devant, je la prends discrètement. C'est quand même mieux d'avoir le panorama devant soi. Jusqu'à Huanta, la route est bonne. Après, ça se gâte. La piste est bien défoncée, pleins de nids de poules. Je comprends mieux l'état du bus. Elle est creusée à flan de montagne et longe le rio Mantaro qui lui-même se jettera plus loin dans l'Amazone. Le volume d'eau qui coule est énorme. La route est à peine assez large pour laisser passer deux véhicules. Des fois, je me demande même si elle est assez large pour un seul. Le croisement de camions est impressionnant, surtout pour celui qui est obligé de se serrer du coté du ravin. Il ne faut pas s'étonner de voir parfois des croix au bord de la route. De temps en temps, on traverse des torrents qui descendent de la montagne et qui au passage, ont complètement défoncé la route. Les paysages, genre far-west, sont jolis. De belles gorges et de temps en temps, des petits villages isolés autour de champs cultivés. Parfois, nous sommes obligés de descendre du bus pour les passages délicats. Les chauffeurs sont de vrais pros et n'ont peur de rien. Vers 14 heures, nous nous arrêtons de un petit village pour déjeuner. Poulet et riz tièdes au menu. Je discute un peu avec mes voisins de tablée. Je leur demande si, un jour, ce route sera goudronnée ? Ils me répondent que ça ne risque pas d'arriver car c'est "la route des oubliés". A part les paysans du coin, ça n'intéresse personne. Il commence à faire chaud dans le bus. Mais il y a tellement de poussière que j'hésite à retirer une couche. Juste avant d'arriver au goudron, nous sommes arrêtés à un barrage de police. Même scénario que la dernière fois, contrôle d'identité et fouille méticuleuse des bagages. Comme je suis le seul étranger à bord, ils sont très gentils avec moi et ne fouillent même pas mon sac. Je ne dois pas être leur cible. Une fois toutes les cartes d'identité vérifiées sur l'ordinateur, nous repartons. Nous rejoignons enfin la belle route goudronnée. Les chauffeurs soufflent. Nous aussi. Quelle belle invention que l'asphalte ! Nous remontons alors vers les hauts plateaux. Huancayo se trouve à 3 300 mètres d'altitude. La route est sinueuse. Elle doit être récente. Magnifique couché de soleil sur les champs en terrasses. Vers 18 heures, nous arrivons enfin à destination. Par chance, le bus s'arrête près du centre ville. Je trouve par hasard une chambre au cinquième étage d'un hôtel avec ascenseur. Huacayo est une ville moderne avec des immeubles en béton. Apparemment sans grand charme ni intérêt touristique. Je ne pense pas y rester longtemps. Comme il n'est pas tard, je vais me promener un peu en ville. A la cathedrale, c'est la sortie de la messe des rameaux. Je vais dîner dans un petit resto sur la Plaza de Armas. Des brochettes de poulet. Puis je retourne tranquillement à mon hôtel. Le wifi ne monte pas jusqu'au cinquième étage. Les photos et le blog attendront.