Je me lève comme prévu à 5 heures. Il fait encore nuit. Je me prépare vite fait et je descends prendre mon petit déjeuner. Apparemment, je suis le premier debout. Le serveur me répond qu'il y a un petit groupe qui est parti à 4h30 ce matin. Je dis au revoir et commence à marcher vers 5h20. Il fait frais mais moins froid que je ne l'imaginais. Les nuages sont bas. Le jour doit se lever car il fait suffisamment clair pour se diriger. Il faut tout d'abord descendre en bas du village pour retrouver la piste des bus. Je la suis durant deux kilomètres en longeant le rio jusqu'au pont de Puente Ruinas. Il faut compter 20 petites minutes. Pour le moment je marche tout seul, c'est plutôt calme. Je suis contraint de mettre ma parka car il tombe quelques gouttes de pluie. Ce n'est pas très bon signe. Au bout d'un quart d'heure, les premiers bus commencent à monter. Un toutes les cinq minutes. Avant de passer le pont métallique, il faut montrer son billet et son passeport à un poste de contrôle. Une fois passé le pont, il va falloir grimper 400 mètres par un sentier qui coupe les lacets de la piste des bus. Le chemin est très bien balisé. Il monte raide mais il y a des marches en pierre, ce qui aide pas mal. Je rentre dans les nuages. Je ne vois que quelques mètres devant moi. Espérons que là-haut, il fera meilleur. Je croise quelques groupes de marcheurs. Tous sont accompagnés d'un guide. Il semble que je sois le seul marcheur solitaire. Je dépasse un groupe de jeunes français. Ils rigolent en pensant à la réaction de leurs amis en France lorsqu'ils verront leurs photos du Machu Picchu dans le brouillard. "T'étais en Bretagne ?" "Ta gueule !" Les guides nous motivent en disant que ça peut se lever d'une minute à l'autre. Tout au plus, une heure. On va y croire. Je continue mon ascension dans la brume. La vue est sans doute belle mais aujourd'hui, il faudra se contenter de l'imaginer. On entend les bus qui passent à espace régulier. J'arrive à 7 heures à l'entrée du parc, toujours dans les nuages. J'ai une heure devant moi pour aller faire un tour sans le guide. On peut entrer et sortir du parc autant de fois qu'on le désire. Je monte sur le mirador qui surplombe tout le site et là, c'est la purée de pois. On n'y voit pas à dix mètres. Un américaine derrière moi dit à son guide qu'elle n'a décidément pas de chance. Elle a vu le Corcovado de Rio de Janeiro dans les nuages et pareil pour la tour Eiffel. Je me retourne vers elle et lui demande "Mais pourquoi vous êtes venue aujourd'hui ?" Son guide se marre. Il n'y a pas grand chose à voir. On devine à peine les terrasses. Je redescends donc à l'entrée et retrouve mon guide. Il y a plus de 300 personnes qui attendent. Une vingtaine de personnes par guide. Non, décidemment, ce genre de visite guidée n'est pas fait pour moi. Je préfère me passer des commentaires et aller visiter les lieux tout seul. Comme tout le monde va dans le même sens, c'est à dire dans le sens des aiguilles d'une montre, je vais aller dans l'autre sens. Je suis donc tout seul, avec d'autres solitaires comme moi. Le ciel a l'air de se dégager un peu. On commence à apercevoir doucement les ruines. L'ambiance est assez féerique mais ce n'est pas encore génial pour les photos. Puis, petit à petit, on y voit de plus en plus clair. Il y a plusieurs lamas qui broutent l'herbe des terrasses. C'est pratique comme tondeuse. Je vais voir le pont de l'inca qui se trouve de l'autre coté de la colline. Il faut marcher une petite demi-heure. On y voit beaucoup mieux de ce coté là. Le pont, fait de rondins de bois, permettait de passer à flan de falaise. C'est assez impressionnant. Puis, je reviens vers le site pour gravir le Wayna Picchu, la colline qu'on voit sur toutes les cartes postales qui surplombe le site. L'entrée pour monter au sommet de cette colline est limitée à 400 personnes par jour. Il fallait s'inscrire dès l'achat du billet, ce que j'ai fait. Mais certaines personnes râlent car elles ont oublié cette formalité et ne peuvent donc pas monter. J'espère que le ciel se dégagera lorsque je serai là-haut. Il faut grimper 400 mètres par un chemin assez raide. Parfois, on peut s'aider d'un filin d'acier. Arrivé là-haut, j'ai la chance d'apercevoir le site entre deux nuages. Mais à peine quelques secondes. Le temps de prendre une ou deux photos. Je ne serai pas monté pour rien, c'est déjà ça. En redescendant, la pluie recommence à tomber de plus en plus fort. Je vais me réfugier à la cafétéria de l'entrée. Il y a foule. Elle attend, comme moi, que la pluie s'arrête. Mais elle dure plus d'une heure. J'achète une bouteille d'eau huit fois le prix normal. Ben voyons, pourquoi se gêner. Une grande partie des touristes se résigne à reprendre le bus pour rentrer. Il est 14 heures et mon train ne part qu'à 19 heures. J'ai encore le temps de patienter un peu qu'un miracle arrive. Et effectivement, vers 15 heures, en quelques secondes, la pluie s'arrête enfin et un petit vent pousse les nuages. Le peu de touristes qui est resté se précipite alors pour aller voir le site dans son ensemble. J'ai le Machu Picchu pour moi presque tout seul. C'est superbe. Je mitraille. J'ai le droit à une bonne demi-heure de temps clair. Mais toujours pas de soleil. Faut pas exagérer non plus. Puis des nuages remontent doucement de la vallée et c'est reparti pour la purée de pois. Mais il ne pleut plus. Je peux donc redescendre à Aguas Calientes à pied par le même chemin qu'à l'aller. Je ne rencontre personne. Sans doute, les autres marcheurs sont-ils redescendus en bus ? Il me faut à peine une demi-heure pour rejoindre le pont métallique. Là, je trouve une urugayenne complètement crevée qui n'arrive plus à mettre un pied devant l'autre. Je la motive pour les derniers kilomètres de piste à faire. Nous arrivons enfin à Aguas Calientes vers 17 heures. J'ai largement le temps de manger un bout avant le départ de mon train. Une omelette au poulet et une cerveza. Je vous passe l'addition. Le train arrive et déverse ses centaines de touristes qui prennent notre relais. Dans le train, tout le monde dort ou presque. Je suis avec un groupe de jeunes argentins plutôt sympathiques. Ils me vantent la beauté de leur pays. Je suis au courant. Arrivés à Ollantaytambo, rebelote pour trouver son bus et retour vers Cuzco dans la nuit. J'ai des américains dans mon dos qui n'arrêtent pas de papoter. Impossible de dormir. Nous arrivons bien crevés à Cuzco vers 23 heures. Je retrouve mon hôtel mais, malheureusement, pas ma belle chambre. On m'en donne une autre avec une très belle vue aussi. Donc, tout va bien. Je m'écroule. Demain, c'est journée de repos. Ouf !
dimanche 25 mars 2012
samedi 24 mars 2012
Aguas Calientes
Aujourd'hui, c'est le départ pour Machu Picchu. Comme il y a énormément de monde qui veut visiter ce lieu mythique, les autorités ont mis en place une organisation assez complexe pour se rendre sur place. D'abord, impossible de s'y rendre par ses propres moyens. Il faut obligatoirement passer par une agence de tourisme qui propose soit la solution train, soit la solution randonnée, mais toujours avec un guide, jamais seul. Tout est hyper contrôlé. Il y a quelques années, on pouvait encore tricher. Maintenant, ce n'est plus possible. La première chose à faire, donc, quand on arrive à Cuzco, c'est de réserver rapidement son entrée. Heureusement pour moi, nous ne sommes pas en haute saison touristique (juillet et août). Il n'est donc pas nécessaire de réserver plusieurs semaines à l'avance et j'ai pu obtenir un billet assez facilement. Voici le parcours classique. Tout d'abord un bus nous emmène jusqu'à la gare de trains d'Ollantaytambo, situé à 80 kilomètres de Cuzco. Le trajet dure environ une heure et demi. De là un train, qui coûte la peau des fesses, nous transporte 47 kilomètres plus loin jusqu'au village d'Aguas Calientes. Il n'y a pas de route entre Ollantaytambo et Aguas Calientes. Le trajet dure environ une heure et demi. A Aguas Calientes, en général, on reste coucher une nuit pour monter le plus tôt possible au poste de contrôle du site, afin d'arriver avant la horde des touristes. Il y a deux solutions pour monter. Soit on prend un car dont le prix au kilomètre doit être le plus cher du monde ou, pour les plus courageux comme moi, on monte à pieds. Et là, on est enfin arrivé. C'est une grosse machine commerciale et, il faut bien le reconnaitre, une immense arnaque. Mais cela a tout de même du bon. D'abord, le parc est très propre et très bien entretenu. Pas un papier par terre. D'autre part, ça fait vivre un paquet de monde dans la région. J'ai donc pris le package bus-train-hôtel-entrée-retour train-retour bus pour l'équivalent de 150 euros. Ici, c'est très cher. Mais pourquoi s'en priver puisqu'il y a une énorme demande ? J'imagine que pour les péruviens, ils font des prix plus raisonnables. Bref, mon minibus part à 10 heures de Cuzco. Il est rempli à moitié par de jeunes israéliens toujours aussi arrogants et antipathiques. Décidement, ils ne changent pas. La route, je la connais puisque je l'ai déjà prise hier. Arrivés à la gare d'Ollantaytambo, nous devons suivre une queue immense. Mais pas de panique, tout le monde a sa place attribuée dans six wagons confortables réservés aux touristes. Il y a même des fenêtres sur le toit pour voir les montagnes. Il y a en plus trois wagons tout pourris, à l'arrière, pour les indigènes. La ligne de chemin de fer longe le rio Urubamba. A cette saison, c'est un véritable torrent. Les paysages sont assez jolis. Nous passons entre les gorges des montagnes. La végétation est luxuriante. Il doit pleuvoir souvent. Nous descendons environs 1 000 mètres de dénivelés pour arriver à Aguas Calientes. Que dire de ce village perdu au milieu de nulle part ? C'est une espèce de centre de triage à touristes. Tout est conçu pour eux et pour se faire un maximum de blé. Hôtels, restaurants, boutiques de souvenirs, magasins de sports, bars. Les constructions sont anarchiques. Rien n'est fini. C'est du bricolage. Il n'y a rien de vraiment beau. Les gens ne restent pas ici et ne reviendront pas de si tôt. Ils vont faire le Machu Picchu puis ils rentrent. Alors, pourquoi s'emmerder ? Des dizaines de types viennent nous chercher sur le quai de la gare avec des petites affiches où sont écrits nos noms. Dans la foule, il faut trouver son écriteau, c'est pas facile. Finalement, je trouve le mien et suit une femme qui nous conduit à notre hôtel qui se trouve tout en haut du village. J'ai droit à une superbe chambre avec vu sur un torrent qui passe juste en dessous. Ça fait du bruit mais je m'en fout, j'ai mes boules Quiès. Je m'installe puis vais faire un petit tour en ville. Rien de très intéressant. Pour ceux qui le souhaitent, il y a les bains thermaux. Mais c'est pas mon truc. Il est 4 heures et je n'ai toujours pas déjeuné. J'ai une petite faim. Je vais donc manger des spaghettis bolognaises pour le prix du caviar. Je m'y attendais. Je rentre à l'hôtel où un guide m'attend pour m'expliquer la visite de demain. Je ne savais pas que c'était prévu ? Il me demande à quelle heure part mon bus demain matin ? Je lui réponds que j'ai l'intention de monter à pieds. Il me donne donc rendez-vous à 8 heures là-haut. Ok, j'y serai. Comme il faut compter environ deux heures de grimpette, je devrai partir avant 6 heures. Je demande au type de l'hôtel de me réveiller à 5 heures. Ce soir, je ne vais pas faire de vieux os. De tout manière, il n'y a rien à foutre.
vendredi 23 mars 2012
La vallée sacrée des Incas
Petit déjeuner sur la terrasse avec le soleil du matin. Et surtout avec la vue splendide sur la ville. Je me prépare vite fait pour récupérer un bus qui va nous faire visiter la vallée sacrée des Incas. C'est une vallée au nord de Cuzco qui va de Pisac à Ollantaytambo, en passant par Urubamba et Chinchero. C'était le grenier des incas. Ils cultivaient le maïs sur d'innombrables champs en terrasses. Ces terrasses existent toujours et sont encore cultivées. Incroyable le boulot qui l'a fallu accomplir pour réaliser ses ouvrages. La jolie route est serpentueuse. En bas coule le rio Urubamba qui sert à irriguer tous les champs. La vallée est verdoyante. Au loin, des nuages sombres s'amoncèlent autour des sommets. C'est pas bon, ça. On va certainement se prendre un orage sur la tronche. Nous nous arrêtons tout d'abord dans un grand centre de boutiques d'artisanat. Le gros piège à touristes. Ils sont gonflés, d'habitude ils finissent par ça. Un fois les inconditionnels du souvenirs rassasiés, nous repartons pour Pisac visiter son marché réputé dans la région. Mais les fruits et légumes ne représentent qu'une petite partie des stands. Le reste est consacré au tourisme. J'ai l'impression qu'on voit partout les mêmes objets. Flûtes de pan, bonnets et écharpes en laine de lama, poteries avec motifs incas, etc... Comment arrivent-ils à vendre toutes ces merdes ? L'artisanat, ici, manque un peu d'originalité. Une fois les sacs bien remplis, on monte aux ruines, huit kilomètres plus haut. L'endroit est joli. Il y a plein de grandes terrasses. Des ouvriers sont en train d'en réparer quelques unes. L'orage gronde. Nous avons à peine le temps de visiter le site. La pluie tombe. Evidemment, je n'ai pas emporté ma parka. Le site se vide de tous les touristes qui courent vers les bus. Je veux tout de même aller voir le sommet où se trouvent les restes d'un temple. Je prends la pluie et avec mon rhume, ce n'est pas vraiment raisonnable. Je m'abrite de temps en temps contre les murs de pierres. Arrivé là-haut la vue est belle, mais je ne tarde pas à redescendre. Sur les falaises d'en face, on distingue des trous servant de tombes. Un immense cimetière. J'ai beau courir, j'arrive trempé dans le bus sous l'oeil amusé des mes co-voyageurs. Je retrouve ma copine japonaise. Nous redescendons dans la vallée et roulons jusqu'à Urubamba. Là, nous déjeunons dans un resto genre buffet, sans plus. Puis nous reprenons la route pour nous rendre à Ollantaytambo. C'est de là que partent les trains pour le Machu Picchu. Mais c'est aussi un très joli village inca surmontée d'une forteresse avec ses murailles de fortification. C'est le dernier endroit où les incas ont gagné une bataille contre les espagnols. Il y a une très jolie vue de là-haut sur la vallée et les environs. Nous faisons la connaissance d'une très jolie coréenne. Elle a déjà visité presque tous les pays du monde. Normal, elle est guide touristique. Là, elle est venue pour visiter le Pérou toute seule. Nous laissons dans ce village tout ceux qui prennent le train ce soir pour le Machu Picchu, dont mes copines japonaise et coréenne. Les autres, nous reprenons le bus pour nous rendre à Chinchero. Un magnifique petit village doté d'une splendide église et d'une jolie place. Comme je n'ai pas envie de découvrir les boutiques à touristes, je vais déambuler seul dans les charmantes petites ruelles. Jolies couleurs de coucher de soleil. Nous rentrons à Cuzco la nuit tombante. Demain, en route vers le Machu Picchu...
jeudi 22 mars 2012
Autour de Cuzco
Comme prévu, je quitte mon hôtel situé sur la Plaza pour me rendre à l'hostal Resbalosa situé sur les hauteurs du quartier San Cristobal. On me donne une chambre avec une vue incroyable. J'ai pour moi le panorama complet sur la ville de Cuzco. Je crois que c'est la première fois que j'ai droit à une vue pareil depuis la chambre d'un hôtel. Tout simplement magnifique. Je crois que je vais rester là durant tout mon séjour ici. Cette après-midi, j'ai prévu d'aller faire un tour sur les sites archéologiques qui se trouvent autour de Cuzco. Je vais d'abord déjeuner sur la terrasse d'un restaurant situé sur la jolie plaza del Regocijo. L'endroit est sympa mais on est souvent sollicité par les petits vendeurs de souvenirs. Un groupe de musiciens joue de la musique inca. J'aime bien cette musique mais je trouve qu'on retrouve souvent les mêmes mélodies. Là, les arrangements sont plus sophistiqués. C'est pas mal du tout. Je leur achète leur cd. Puis je me rends sur les marches de la cathédrale où l'on vient me chercher pour rejoindre un bus plein de touristes de tous horizons. Il ne faut pas s'étonner. Cuzco est un haut lieu du tourisme mondial. On retrouve les mêmes gens que sous la tour Eiffel ou aux pyramides d'Egypte. Nous commençons l'excursion par la visite du Monastère de San Domingo, situé en ville. C'est blindé de monde. On se croirait à l'Alhambra de Grenade. Il faut faire la queue pour passer d'une salle à l'autre. Mais la comparaison s'arrête là. Il s'agit d'un monastère construit sur les fondations du temple du soleil inca. Je trouve ça triste à mourir. En plus les commentaires de notre guide sont chiants. Je me sépare du groupe pour faire la visite seul. Tant pis pour les commentaires. Une fois la visite terminée, nous reprenons le bus pour aller sur les hauteurs de la ville. Le premier site visité est la forteresse de Sacsayhuamàn. Il reste des enceintes faites de blocs de pierres immenses. On se demande toujours comment les incas, qui ne connaissaient pas la roue, ont réussi à acheminer et à assembler ces mastodontes ? Il y a plein de touristes, mais l'endroit est tellement espacé que ça n'est pas vraiment gênant. Je rencontre une japonaise sympa. Nous préfèrons nous balader dans les murailles plutôt que d'écouter les explications interminables de notre guide. Puis nous nous rendons à Tambomachay, une source sacrée. Bof ! Puis, un peu plus bas à Pukapukara, la forteresse rouge, en raison de la couleur de ses pierres. La vue sur la vallée est très belle. Et enfin à Q'engo, un site consacré au culte du puma. En gros, c'est un tas de rochers autour duquel on fait s'extasier les touristes devant des formes imaginaires. C'est limite foutage de gueule, mais ça marche. Pour terminer, l'inévitable piège à touristes, la boutique de souvenirs. Retour à Cuzco dans la nuit. Je vais acheter quelques bricoles pour manger puis je vais admirer la vue de ma chambre. Je ne m'en lasse pas.
mercredi 21 mars 2012
Voyage vers Cuzco en bus touristique
Avec une amplitude des températures qui passent de 0° la nuit à 25° la journée, j'ai fini par attraper un petit rhume. Ce n'est pas vraiment étonnant. J'ai le nez bien bouché et un peu mal au crâne. Avec un peu de vitamine C et du Doliprane, ça va passer tout seul. Aujourd'hui, je pars à Cuzco. Comme il y a plein de sites intéressants à voir sur la route, j'ai préféré prendre un bus touristique qui s'arrête à Pukara, au col de la Raya, à Raqchi et Andahuaylillas. Evidemment, c'est deux fois plus cher qu'un bus local qui lui ne s'arrête nulle part. Mais bon, ce serait dommage de rater ces étapes pour quelques soles de plus. On a le droit à un guide qui nous fait des commentaires durant le voyage et sur les sites visités, à un repas pour déjeuner et à des collations dans le bus. Bref du grand luxe, surtout réservé aux touristes étrangers. Nous partons vers 7h30. Le bus est flambant neuf. Je suis assis à l'avant à coté d'un jeune chinois très sympa qui est accompagné de deux autres camarades chinois. Ils font leurs études de finance à Chicago. Des futurs milliardaires, quoi. Au bout d'une heure nous faisons un premier arrêt à Pukara pour visiter un musée archéologique. Quelques stèles pré-incas intéressantes mais sinon, rien de folichon. Par contre, il y a une très belle église sur la place du village. Deux heures plus tard, nous faisons une halte au col de la Raya, situé à 4 300 mètres d'altitude. C'est la limite entre le département de Puno et celui de Cuzco. Sur le parking du col, je rencontre un motard écossais qui a traversé toute l'amérique depuis le Canada. Il n'est pas sur d'arriver jusqu'à Ushuaïa car son moteur a des signes de fatigue. A partir du col, les paysages changent radicalement. On passe de la pampa désolée de l'altiplano aux vallées vertes cultivées, avec des forêts d'eucalyptus sur les flancs des montagnes. Comme il y a du bois, les maisons ont des toits charpentés avec des tuiles de terre cuite. C'est beaucoup plus joli que les terrasses béton avec des aciers en attente qu'on voit habituellement de l'autre coté. Nous nous arrêtons déjeuner dans un petit resto au bord de la route qui nous sert un buffet. Sans plus. Je déjeune en compagnie de mes futurs amis milliardaires chinois. Deux heures plus tard, nouvel arrêt à Raqchi pour visiter un temple inca intéressant. Il ne reste plus qu'un pan de mur qui fait 12 mètres de hauteur et quelques dépendances sur les cotés. Ça vaut le coup d'oeil. Dans le village à coté, il y a aussi une charmante petite église. Puis, à une quarantaine de kilomètres avant d'arriver à Cuzco, nous allons visiter l'église jésuite d'Andahuaylillas. Elle est surnommée la "chapelle Sixtine des Amériques". C'est pour dire. Interdit de prendre des photo à l'intérieur. Mais tout le monde s'en donne à coeur joie, en étant le plus discret possible. Elle est en pleine rénovation. C'est trés chargé, comme toutes les églises en amérique du sud, mais il faut reconnaître que c'est magnifique. Toit en caissons de bois peints, fresques avec encadrement en feuilles d'or, balcons en bois sculptés, autel baroque splendide. Non, vraiment, on en prend plein les yeux. Puis nous revoilà reparti pour arriver vers 17 heures à Cuzco. Je ne sais pas encore trop où je vais dormir ce soir. Je demande donc à un taxi de me déposer à la Plaza de Armas. J'ai repéré dans mon guide un petit hôtel. En fait, il n'est pas top. J'ai droit à une toute petite chambre, limite propre, avec vue sur la place si on monte sur le lit. Mais bon, elle ne coûte que 20 soles. Pour ce soir, ça fera l'affaire. De toute manière, je suis trop fatigué pour faire la tournée des hôtels. Dans la soirée, en me baladant sur les hauteurs de la ville, je tombe sur un petit hôtel très sympa avec une vue formidable sur la ville. Ils ont une vraie chambre de disponible avec une salle de bain. Je la réserve pour demain. Comme ils ont une petite agence de voyage, j'en profite pour réserver mes excursions, pour le Machu Picchu notamment. Je vais dîner sur le balcon d'un restaurant qui donne sur la place. Très touristique, mais la vue est géniale.
mardi 20 mars 2012
Le bateau Yavari
Normalement, je devais partir ce matin à Cuzco. Mais je n'ai pas trouvé de place à l'avant du bus. Or, comme il parait que la route est magnifique, ce serait dommage de faire le voyage à l'arrière. J'ai donc décalé mon départ d'un jour. J'ai donc du temps libre devant moi. J'en profite pour trier mes photos et faire une sauvegarde sur une carte mémoire que je garde précieusement avec mon passeport dans une pochette ventrale. Je vais aussi me balader à pied pour aller voir le Yavari. C'est un bateau de guerre commandé par le Pérou à l'Angleterre en 1862 pour naviguer sur le lac Titicaca. Il a été fabriqué et monté en Angleterre, puis complètement démonté en 2000 pièces pour être transporté d'abord en bateau jusqu'à Arica (à l'époque, c'était au Pérou avant que le Chili ne l'envahisse lors de la guerre du Pacifique), puis en train jusqu'à Tacna, puis enfin à dos de mules pour traverser les Andes jusqu'à Puno. Le voyage a duré six ans et le montage quatre ans. Il a navigué durant une centaine d'années avant d'être abandonné sur le rivage. Une anglaise a récemment monté une association anglo-péruvienne pour le remettre en état et en faire un bateau de croisière. Sa réparation est presque achevée. Pour le moment, ils le font visiter pour récupérer un peu de sous. Il se trouve amarré à quatre kilomètres de Puno. J'y vais donc en marchant. Lorsque je monte sur le ponton, il n'y a personne. Puis une jeune femme qui faisait briller le cuivre des appareils de navigation me demande si je veux le visiter. Je lui réponds que bien sur et que j'espère que je n'ai pas fait tout ce chemin pour rien. J'ai donc droit à une visite complète du bateau pour moi tout seul. La salle des machines est impressionnante. À l'époque, le moteur à vapeur marchaient aux crottes de lama séchés. Puis, vers les années 50, ils l'ont remplacé par un moteur diesel deux temps. Il a été complètement restauré. Il brille tellement qu'on pourrait manger dessus. Elle m'explique que l'Angleterre a fabriqué et acheminé quatre autres bateaux. Mais celui-ci est le plus ancien et c'est le seul qui a été transporté à dos de mules. Les autres ont profité de la construction de la ligne de chemin de fer jusqu'à Puno. Je ne suis pas particulièrement marin mais la visite est intéressante. J'ai à faire à des passionnés. Lorsque je quitte le navire, j'aperçois au loin une vieille rame de train et un autre bateau à l'abandon. (Un des quatre autres). Je suis la voie ferrée pour m'en approcher et prendre quelques photos. Puis je remonte sur la route où j'aperçois un petit resto sympa avec une vue fabuleuse sur le lac. Ça tombe bien, il est midi et j'ai faim. On me sert une bonne truite à la vapeur avec différentes sortes de patates. C'est divin. Allez, on va lui mettre une étoile. Puis retour en ville en minibus taxi. J'ai la flemme de rentrer à pied, il fait trop chaud. Le soir, je vais faire un tour au marché de nuit. Ça grouille de monde. Comme je fais une tête de plus que tout le monde, c'est assez facile de se repérer et aussi de se faire repérer. Il y a des stands et des boutiques partout. C'est un genre de souk trés sympa.
lundi 19 mars 2012
Les églises de Juli
Le réceptionniste de l'hôtel me conseille d'aller faire un tour du coté de Juli. C'est une petite ville à 80 kilomètres au sud de Puno, au bord du lac, pas loin de la frontière bolivienne. Il parait qu'il y a quatre belles églises de l'époque coloniale à voir. Pourquoi tant d'églises pour un si petit village ? Tout simplement parce que les jésuites et les dominicains se faisaient de la concurrence pour convertir les indiens. Et puis plus tard, chaque communauté (indiens, métis, colons) avait son église. Je vais donc prendre un minibus à la gare routière des destinations locales. J'en trouve un rapidement qui part sur le champ. Ce type de minibus sert surtout à transporter les paysans dans les différents villages que dessert la route. Ambiance folklorique et sympathique. Je suis le seul habillé à l'occidental. Tout le monde a sa tenue traditionnelle. Et notamment, le petit chapeau melon pour les femmes. C'est mignon. Les gens n'ont pas l'air étonné de voir un étranger. En tout cas, ils font tout comme. La route longe la plus part du temps le lac. On aperçoit beaucoup de paysans qui cultivent et d'autres qui filent la laine au bord de la route afin d'avoir une grande distance plane pour étendre leurs fils. Il faut environ une heure et demi pour arriver à Juli. Le minibus me dépose sur la place centrale qui s'appelle... "La Plaza de Armas". Gagné ! Il y a une belle église mais elle n'est ouverte que pour les messes. Je vais donc voir les autres. Deux ont été transformées en musée et une autre tombe en ruine. Elle est consolidée de partout par des piliers. C'est sans doute celle que je préfère. Celles qui se visitent sont remplis d'immenses tableaux plus ou moins interessants accrochés aux murs. Comme je suis le seul touriste actuellement dans le village, on ouvre les églises-musées spécialement pour moi. Dans l'une d'elles, les tableaux sont encadrés de gigantesques cadres en or. Le gardien m'explique qu'il y a dix ans, le gardien s'était fait buter pour dérober deux beaux cadres. Je comprends mieux maintenant pourquoi il est armé d'un pistolet à la ceinture. Normalement, on n'a pas le droit de prendre des photos à l'intérieur, mais comme je suis seul, il ferme les yeux en me faisant promettre de ne le dire à personne. Seguro ! Les vitres des fenêtres sont faites avec des fines lamelles de marbre. C'est très étonnant. Autre surprise, les piliers sont en pierre. J'aurai juré qu'ils étaient en bois vu la finesse des ornements sculptés. Les tailleurs de pierres ont du mettre un temps phénoménal pour réaliser ces ouvrages. Puis je vais manger un menu local dans un boui-boui. Soupe et sauté de mouton au riz. Certes, ce n'est pas digne d'une étoile Michelin, mais c'est mangeable. Je vais faire un petit tour sur les hauteurs de la ville pour prendre quelques photos du panorama. Certaines rues sont complètement défoncées. Ils sont en train de les refaire. En redescendant, je discute avec deux femmes qui papottent devant la porte de leur maison. Elles sont sympas, elles rigolent tout le temps. Je les prends en photo avec leur permission. Ce n'est pas évident ici de prendre les gens en photos. Il faut être le plus discret possible. D'où l'avantage des appareils compacts. On appuie sur le déclencheur au hasard. Des fois c'est complètement raté mais parfois, on a de bonnes surprises. En toit cas, je ne regrette vraiment pas mon reflex. Puis je redescends à la gare routière qui se trouve en bas du village. Je suis chanceux aujourd'hui. J'en trouve un minibus qui part immédiatement. Je m'arrête à Chucuito, un petit village sur la route, juste avant d'arriver à Puno. Il y a des ruines incas à voir, parait-il. En guise de ruines, il n'y a qu'un petit carré de pierres agencées à la façon inca. Ça ne casse pas des briques. Mais il y a deux belles églises qui valent la peine d'être visitée. La nuit tombe, je rentre sur Puno. Je vais faire quelques courses pour dîner léger dans un grand supermarché, genre Carrefour. C'est drôle de voir les péruviennes en habits traditionnels venir acheter leur téléviseur high tech à écran plat.
dimanche 18 mars 2012
Le lac Titicaca
Aujourd'hui, j'ai prévu de faire la visite des îles Uros et Taquile sur le lac Titicaca. On m'a prévenu, ça va être très touristique. Mais une balade en bateau sur ce lac mythique me tente quand même pas mal. Tout d'abord, on nous regroupe par paquet de cinquante pour monter à bord de petits bateaux qui ne sont pas de toute première fraîcheur. Les passagers sont essentiellement des jeunes routards de toutes nationalités et deux couples de parisiens, qui doivent avoir mon âge, très sympas. L'un d'entre eux est un sacré déconneur. Je me tape des crises de rires fréquemment. Ça fait du bien. Le bateau n'est pas rapide, c'est le moins qu'on puisse dire. On irait presque plus vite à la rame. Mais bon, on a le temps et puis ça laisse le temps d'apprécier les paysages. On fait une halte sur une des îles de Uros. Ce sont des îles flottantes artificielles faites en joncs, situées juste en face de Puno. C'est d'ailleurs assez étonnant lorsqu'on marche dessus, on a l'impression de s'enfoncer un peu. Le comité d'accueil nous attend de pieds fermes. C'est le tourisme qui les fait vivre. Sans lui, ces îles n'existeraient sans doute plus depuis longtemps. Ça fait très musée vivant. Est-ce vraiment utile ? Ça fait vivre des gens certes, mais asservis au tourisme. On pourrait presque leur demander d'enfiler des costumes de Mickey et Donald, ça ferait le même effet. Bref, on a le droit aux explications sur la fabrication des îles, à un petit tour en pirogue de joncs (sauf les français bien entendu) et aux ventes de souvenirs. Pendant que le chef du village donne ses explications devant un public médusé, je m'écarte un peu pour faire quelques photos. Je tombe sur le passage de l'épicerie flottante ambulante. Comme j'ai un petit creux, je lui achète un petit pain. Puis je vais retrouver mes compagnons de voyage. Nous reprenons le bateau pour nous rendre sur l'île de Taquile. La traversée dure deux heures et demi. Le temps aux minettes de se faire bronzer sur le toit du bateau. Il faut faire vachement gaffe au soleil car à 3 800 mètres d'altitude, sur l'eau, il cogne fort. Lunettes de soleil, chapeau et crème solaire obligatoires. Ce qu'il y a de plus beaux, ce sont les différentes formes des nuages qui se fixent au-dessus des îles. Arrivés à Taquille, c'est le débarquement des touristes. Au moins 500 (j'ai compté dix bateaux). Chaque groupe est dirigé vers un lieu où l'on nous sert un déjeuner fait de plats traditionnels. Soupe de quinoa et truite grillée. C'est plutôt bon. Après, on a juste une petite heure pour visiter le village en compagnie de nos 499 autres amis de voyage. C'est spécial. Mais on arrive quand même à prendre quelques photos sans apercevoir de casquette Nike ou de sac à dos Quechua. Puis c'est le retour vers les bateaux. La traversée du retour dure trois bonnes heures. C'est long. On a envie de pousser le bateau. On a le temps de bien rigoler avec mes potes parisiens. Nous arrivons au port de Puno au couché du soleil. On a passé une bonne journée. Finalement, même avec tous ces touristes, ça valait le coup.
samedi 17 mars 2012
Le cimetière de Sillustani
Je n'ai pas trop mal dormi mais cet hôtel me fout le cafard. Il est austère, un peu à l'image de la ville. Comme je me réveille assez tôt, je décide d'aller grimper sur l'un des miradors qui dominent le ville. C'est une bonne façon de se repérer. Nous sommes à 3 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Je ne ressens, pour le moment, rien de particulier. Mon adaptation à l'altitude se passe plutôt bien. Par contre, lorsque je fais un effort, mon coeur bat plus vite et je m'essouffle rapidement. Le mirador du Condor se trouve 200 mètres plus haut. Ça veut dire que là-haut, on est à plus de 4 000 mètres. Ça grimpe sérieusement par des séries d'escaliers. Il faut y aller sûrement mais doucement. Plusieurs arrêts sont nécessaires si on ne veut pas avoir un problème cardiaque. Comme il est relativement tôt, je suis le seul sur le chemin. Mais là-haut, quelle récompense ! La vue sur la ville et le lac est superbe. Je reste une bonne heure à contempler le panorama. Au loin, le lac Titicaca et ses îles flottantes. Puno se réveille doucement. Le soleil commence à percer les nuages. Puis je redescends doucement en croisant quelques touristes qui montent à leur tour en soufflant comme des vaches. De retour à la Plaza de Armas, je vais visiter la cathédrale, un des rares monuments intéressant de Puno. Sa façade en pierres rouges volcaniques est plutôt jolie. L'intérieur est froid et très sobre. Je passe au centre d'informations touristiques qui se trouve juste à coté pour savoir ce qu'il y a à voir dans le coin. En gros, l'attraction principale est d'aller faire un tour de bateau pour aller visiter les îles sur le lac. C'est très touristique mais ça vaut parait-il le coup d'oeil. On peut y aller par ses propres moyens, mais le plus simple, c'est de passer par une agence. Dans la rue piétonnière, je tombe sur l'hôtel Monterrey qui fait aussi office d'agence de voyage. Le type est très sympa. Il me propose donc une excursion dans les îles mais aussi la visite de Sillustani, un cimetière pré-incas situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Puno. Il parait que c'est intéressant et que les paysages sont beaux. J'irai donc cet après-midi. Il en profite pour me montrer quelques unes de ses chambres. Très coquettes et à peine plus chères que celle que j'occupe actuellement. En cette période touristique creuse, on peut négocier fortement le prix des chambres. C'est vendu, je déménage. Comme il n'est pas encore 11 heures, je peux partir de mon hôtel sans problème. Je vais donc chercher mon sac en laissant au passage quelques affaires sales à la blanchisserie du coin. Une fois installé dans mes nouveaux appartements, je retourne me promener en ville et notamment sur d'autres promontoires, avec des panoramas différents. Puis, vers midi, je vais déjeuner dans un petit boui-boui chinois. Il ne faut pas trop laisser traîner ses doigts sur la nappe au risque de les coller définitivement mais les nouilles sautées au poulet sont bonnes. Le minibus vient me chercher à 14 heures. Nous faisons une petite halte pour admirer un point de vue sur la ville. Puis nous nous dirigeons vers le nord. A une vingtaine de kilomètres de Puno, il faut bifurquer à gauche et prendre une piste sur un dizaine de kilomètres environ pour arriver au lieu de Sillustani. Sur la route, on peut apercevoir des petits fermes construites en pierres volcaniques et des toits en chaume. Notre guide nous promet qu'on s'arrêtera au retour pour en visiter une. Le site de Sillustani est très ancien. Bien postérieur au règne des incas. C'est là qu'on enterrait les familles riches. Il y a une petite place où les prêtres sacrifiaient des foetus de lama. Le site se prête bien à ce genre de cérémonies. Il y a une grande colline entourée de lac. L'endroit est paisible et beau. Au début, ils enterraient leurs morts en terre recouvert de petits monticules en petites pierres. Puis les tombes sont devenues de plus en plus hautes jusqu'à devenir de vraies tours, pouvant aller jusqu'à douze mètres de hauteur. Pour les construire, ils réalisaient des rampes en pierre, un peu comme les égyptiens. Les tombes des incas étaient immenses constituées de gros blocs de pierre, ajustés entre eux, sans ciment. Peu sont encore debout car elles ont sans doute été pillées et leurs pierres ont servi aux constructions des maisons des villages voisins. Mais on se rend quand même bien compte de l'importance du cimetière. La lumière du coucher de soleil sur les tombes est magnifique. Je comprends mieux maintenant pourquoi ils organisent les visites uniquement l'après-midi. Sur la route du retour, nous nous arrêtons, comme promis, visiter une jolie petite ferme. Bien entendu, nous sommes attendus. Bien que la visite soit préparée, c'est tout de même intéressant de voir comment les gens vivent dedans. Nous avons même droit à la visite de la chambre à coucher. C'est très sommaire. Nous n'échappons pas aux inconditionnels ventes de chandails, bonnets incas en laine de lama et autres artisanats locaux. On peut même goûter au fromage local et différentes sortes de pomme de terre. Une femme fait semblant de cultiver dans son jardin pour que nous puissions prendre des photos. Dans cette région, ce qui me frappe le plus, c'est la mendicité presque systématique des gens. Si on prend des photos de gens, d'enfants, de maisons ou de lamas, ils tendent la main et réclament de l'argent. Presque que comme si c'était un dû. C'est à peine si on ne se fait pas engueuler si on ne donne rien. A la longue, c'est fatiguant. C'est souvent le problème lorsqu'il y a trop de touristes. Ce qui est le cas dans cette région.
vendredi 16 mars 2012
Bus vers Puno
Bonne nouvelle, les manifestants ont levé les barrages sur la route de Puno. Les bus peuvent donc repartir. Je prends un billet pour celui de midi. Je dis au revoir aux nanas de l'hôtel. Je prends un taxi pour la gare routière. Elle se trouve assez loin du centre ville. Cette fois-ci, je n'ai pas voulu voyager avec la compagnie Cruz del Sur qui est deux fois plus chère que les autres et surtout, plutôt destinée aux touristes fortunés. Je n'aime pas trop cette ambiance sécurisée et aseptisée. Je retrouve donc un bus tout pourri avec des passagers péruviens bien locaux. J'ai tout de même réussi à obtenir une place devant. Le bus part avec une petite demi-heure de retard. Je suis étonné d'entendre un type qui n'arrête pas de parler au milieu du car. Un fou ? Non, c'est simplement un mec qui fait la promotion de produits qu'il vend après. C'est la première fois que je vois ça. Le premier produit est une barre chocolatée. Il en parle durant une demi-heure puis fait le tour des passagers pour refourguer sa camelote. Comme j'ai faim, je lui en achète deux barres. Bof, pas top ! Puis, il nous vante pendant plus d'une heure les mérites de céréales, genre corn flakes. Les gens écoutent poliment. Ça fait passer le temps. C'est pas pire que les dvd débiles qu'ils nous passent habituellement. Au début, la route monte sérieusement pour rejoindre l'altiplano, à 3 500 mètres. Puis, c'est presque plat durant des centaines de kilomètres. Nous traversons quelques orages avec des pluies de neige fondue. Par endroit, les nuages sont terriblement noirs. Ça fait de beaux contrastes avec le vert des pâturages. La route est longue et assez monotone. Puis nous arrivons à Juliaca, une grande ville située près du lac Titicaca. Au début, je voulais m'y arrêter, mais on me l'a déconseillé. Il n'y a parait-il pas grand chose à voir. Nous y faisons une escale pour déposer un grand nombre de passagers. Quelques minutes plus tard, nous reprenons la route. Il fait nuit lorsque nous arrivons enfin à Puno. La ville fait face au lac Titicaca, adossé à plusieurs petites collines. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre de configuration. Ça parait assez joli. Je me rendrai mieux compte demain. Une fois arrivé à la gare routière, je prends un taxi qui m'emmène dans un petit hôtel situé à proximité de la Plaza de Armas (apparemment, au Pérou, la place principale des villes s'appelle toujours comme ça). L'hôtel n'est vraiment pas terrible mais il n'est pas cher du tout. Et puis, il y a de l'eau chaude. Pour ce soir, on fera avec. Demain, on verra si on trouve mieux. Une fois douché, je vais faire une première visite de la ville. C'est assez austère mais plutôt animé. Une ville de montagne. Je trouve une petite pizzeria. Comme je n'ai pas mangé grand chose à midi, je m'engouffre une pizza au fromage et champignons cuite au feu de bois. Dans le journal local, je lis un article sur la manifestation d'hier. En fait, ils protestaient contre la compagnie de bus Julsa (celle avec laquelle j'ai voyagé pour venir ici) parce qu'elle avait provoqué plusieurs accidents mortels sur la route. Ils demandaient donc que cette entreprise disparaisse purement et simplement. Ce n'est tout à fait la version que m'avait donnée l'agence d'Arequipa. Les coquins...
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