jeudi 15 mars 2012

Les manifestations

Ce matin, c'est cool, je n'ai pas grand chose à faire. Je vais prendre mon petit déjeuner à l'alliance française qui se trouve juste en face de l'hôtel. L'endroit est agréable mais l'addition salée. Je demande si les prix sont aussi français ? Puis je passe dans une agence de voyage pour réserver un billet de bus pour me rendre demain à Puno. Mais auparavant, je veux être sur d'obtenir une place à l'avant du car pour avoir la vue. La nana me répond qu'il n'y a pas de problème. "Vous êtes sure ?" "Oui, ces places sont toujours disponibles !" "Mais pourquoi ?" "Parce qu'ici, les gens n'aiment s'asseoir là. En cas d'accident frontal, c'est la mort assurée !" "Ah, je comprends mieux pourquoi il n'y a souvent que des étrangers à ces places !" "Oui, ici, les gens préfèrent se mettre au milieu, c'est plus sur !" "Je vais peut-être prendre une place au milieu, alors ! Non, je rigole, la mort ne me fait pas peur ! Je tente la place du condamné !" Elle rigole. Là, je crois que je l'ai impressionné. J'ai dû marquer des points... Je dois repasser à 16 heures pour retirer mon billet. Je suis en train de bouquiner tranquillement sur la terrasse de mon hôtel, lorsque j'entends crier des slogans dans la rue. C'est une manifestation de fonctionnaires. Ils marchent lentement bien en rang. "Jamas sera vincido !" Bizarre, je ne vois aucun flic à l'horizon. Puis je vais déjeuner dans resto, le "Mixto's", conseillé par mon guide, situé juste à coté de la cathédrale. Il a une terrasse avec une vue magnifique sur les toits des alentours. L'endroit est joliment décoré. Il y a plein de parasols pour se protéger du soleil. Un bon plan pour bouquiner tranquille en sirotant une bière. Ce que je fais. Très bonne adresse à retenir. Finalement, dans l'ensemble, il faut reconnaître que le Routard a plutôt des bons plans. Dans l'après-midi, je vais faire un tour au couvent Santa Teresa. Rien à voir avec celui de Santa Catalina. On y voit surtout des peintures religieuses assez médiocres et pleins de bondieuseries sans grand intérêt. En plus, on n'a pas le droit de prendre des photos. Ça tombe bien, on n'a pas envie d'en prendre. Lorsque je retourne à l'agence chercher mon billet de bus, j'apprends que la route entre Arequipa et Puno est coupée par des manifestants. Décidement, c'est la révolution au Pérou. Bref, on n'en sera plus demain car les négociations auront lieu dans la nuit. Bon, ben à demain. J'avertis l'hôtel que je risque de rester une nuit de plus. No hay problema !

mercredi 14 mars 2012

La Cruz del Condor

Il faut se lever à 5 heures du matin si on veut voir les condors. À 5 heures, ici, il fait froid. Très froid. Heureusement, j'ai pensé à emporter une polaire et un parka qui protège du vent. Après un petit déjeuner frugal, tout le monde saute dans le bus, direction la Cruz del Condor. C'est à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Chivay. La route est splendide. Elle longe les gorges du rio Colca. Tout autour, il y a des cultures en terrasse qui datent d'avant les incas. Nous traversons plusieurs petits villages, la plus part construits par les colons espagnols pour contrôler la région. Chacun possède sa petite église peinte en blanc. Plus le soleil monte, plus la température augmente. On retire les couches de pull au fur et à mesure. Nous grimpons jusqu'au mirador de Cruz del Condor où l'on peut admirer le vol d'une dizaine de condors royaux. Il y a un monde fou pour voir le spectacle. Mais il faut reconnaître que ça en vaut la peine. Ces bestioles ont une envergure d'ailes impressionnante. La deuxième après l'albatros, dixit notre guide. Puis nous faisons une petite marche le long du canon. On distingue à peine le fond. C'est gigantesque. Par endroit, il est profond d'une dizaine de tour Eiffel. Notre guide nous explique pas mal de trucs sur la flore et l'histoire de la région. Il est intéressant, mais qu'est ce qu'il est bavard. C'est parfois saoulant. Mais apparemment, les gens apprécient. On s'adapte. Comme c'est la saison des pluies, nous avons la chance de voir plein de jolies fleurs le long du chemin. Je fais la connaissance d'un couple chilien qui travaille dans une mine de cuivre au nord du Chili. Très sympa. Puis nous allons visiter quelques villages situés au bord de la route. Chaque fois, nous avons droit aux inévitables stands de souvenirs touristiques. Les sud américains raffolent de ça et claquent un paquet de pognon dans ces babioles. Comme ils n'ont que quinze jours de congés par an, ils en profitent pour se faire plaisir. Pour les routards comme moi, ce n'est pas intéressant car après, il faut se les coltiner durant tout le voyage. En général, on fait nos achats de souvenir le dernier jour. On se contente d'acheter de l'eau et quelques conneries à picorer. Nous retournons à Chivay pour déjeuner, puis retour à Arequipa par la même route qu'hier. En remontant au col, nous croisons tous les cars de touristes qui vont nous remplacer. Apparemment, le bizness marche bien. Heureusement pour moi, le guide a décidé de ne plus parler pour nous laisser faire la sieste. Ouf, je n'aurai plus droit aux commentaires en espagnol, puis en anglais. Le retour dure 3 bonnes heures. La route est magnifique.

mardi 13 mars 2012

Chivay

Au début, je voulais aller faire de la randonnée à pied dans le canon de Colca. C'est une région montagneuse située à 200 kilomètres au nord d'Arequipa. On y trouve le second plus profond canon du monde (3 400 mètres). Et il y a plein de chemins de rando. Mais il y a deux petits problèmes. Le premier, c'est que je ne suis pas encore totalement remis de ma gastro et surtout, le deuxième, il tombe presque tous les jours un orage en début d'après-midi. Pas cool pour la marche. Je me résigne donc à aller visiter cette région par l'intermédiaire d'une agence. Ils organisent la visite des principaux lieux touristiques du coin en deux jours. C'est finalement la meilleure solution. Un bus vient me chercher à 7h30 à l'hôtel. Par chance, je suis le premier. Je peux donc choisir un siège à l'avant. Puis nous passons ramasser les autres touristes à leur hôtel. J'en profite ainsi pour visiter les faubourgs de la ville. Je suis apparemment le seul français du groupe. Le chauffeur s'appelle Félix "Holá Félix !" et le guide Piedro "Holá Piedro !". Piedro a un look d'enfer. Une sorte de rasta inca. Il nous vente les mérites de la feuille de coca pendant plus d'une heure. On s'arrête même dans une petite boutique pour en acheter. C'est parait-il très bon d'en mâchouiller quelques feuilles contre le mal d'altitude. Car effectivement, pour nous rendre à Chivay, le chef lieu de la région de Colca, il faut passer un col de 4 800 mètres. Pour ma part, j'ai la chance de ne pas être trop importuné par l'altitude, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Le goût de la feuille de coca n'est pas extraordinaire. On n'en prend pas par plaisir. Le bus grimpe fort. Il dégage une fumée noire d'échappement à l'arrière. Comme tous les gros poids lourds diesel d'ailleurs. La route est plutôt bonne. C'est un axe routier important qui mène à Puno, et surtout en Bolivie. Comme la Bolivie n'a pas d'accès à la mer, une grande partie de son trafic commercial passe par là. On peut imaginer le nombre de camions... Les paysages changent rapidement. C'est l'altiplano avec ses étendues à perte de vue de pampas entourées de sommets enneigés à plus de 6 000 mètres d'altitude. Il a des troupeaux de lamas, alpagas, vigognes et moutons un peu partout. Nous passons quelques cols enneigés avant de redescendre vers Chivay qui se trouve à seulement 3 700 mètres d'altitude. Là, on est vraiment chez les incas. Ambiance de petit village de montagne. On déjeune dans un petit resto local puis on nous installe dans un petit hôtel spartiate mais propre. Ceux qui le souhaitent peuvent aller passer l'après-midi aux sources d'eaux chaudes. Moi, je préfère aller me promener dans le village prendre des photos. Au-dessus des murets de clôture, ils font pousser des cactus. Ça fait office de barbelés. Pas con ! Au détour d'un chemin, je rencontre un groupe de petites filles qui jouent avec un petit lama. On discute. De vraies pipelettes. Elles sont marrantes. Je leur propose de les prendre en photos. Elles acceptent joyeusement. Une fois la photo prise, elle se précipite sur l'appareil pour voir le résultat sur l'écran. J'ai dû prendre une vingtaine de clichés. Comme je veux une photo d'elles avec le lama, elles le forcent à venir avec elles. Le lama qui n'a pas vraiment l'air d'en avoir envie, leur crache dessus. Ça me fait drôlement rire. C'est donc vraie cette histoire. Un lama, ça crache quand c'est pas content. Quand on est seul et qu'on dit bonjour, les indiens sont adorables. Ils discutent même assez facilement. Bon, il faut reconnaitre que la région est touristique et qu'ils ont l'habitude de voir des étrangers. Ce n'est sans doute pas pareil dans les coins plus reculés. Le soir, le guide nous propose un dîner avec des danses folkloriques. Pas trop mon genre. Je préfère flâner en ville. Et puis mon bide a besoin d'un peu de repos. Au petit marché du centre, j'achète une paire de chaussures de marche pour seulement 45 soles. Elles ont l'air costauds et remplaceront les miennes qui sont lourdes et me font mal au pieds. Voilà un achat utile.

lundi 12 mars 2012

Les environs d'Arequipa

Finalement, le médicament que m'a refilé la pharmacienne a dû faire de l'effet. J'ai dormi une nuit complète. Ce n'est pas la grande forme mais je me sens tout de même d'attaque pour bouger un peu. Je vais donc prendre un bus panoramique pour faire le tour des environs de la ville. C'est une bonne méthode pour découvrir un endroit. Et le fait qu'il soit ouvert permet de bien profiter du paysage. Une norvégienne m'a dit que ça valait le coup. Arequipa est la deuxième ville du pays. Mais elle est beaucoup plus paisible et provinciale que Lima. Elle est entourée de collines et de volcans qui culminent à plus de 6 000 mètres d'altitude. Comme j'ai une petite heure devant moi avant le départ du bus, j'en profite pour me balader dans des quartiers de la ville que je connais pas encore. Le bus nous attend devant la Plaza de Armas. Nous ne sommes pas très nombreux. En grande partie, des touristes sud américains. Donc les commentaires sont fait en espagnol uniquement. Le guide est sympa et plutôt interessant. Ce n'est pas toujours le cas. Nous nous arrêtons dans plusieurs petits villages autour d'Arequipa où il y a soit des points de vue, soit des monuments à voir. Yanahuara, Sachaca, Sabandia et d'autres. La balade dure toute la matinée. Aujourd'hui, il fait relativement beau mais malheureusement, les sommets des volcans sont enveloppés par les nuages. Il faudra se contenter de les imaginer. Dommage, ça doit être magnifique.

dimanche 11 mars 2012

Le défilé militaire

Cette nuit, j'ai bien morflé au bide. Sûrement une gastro, genre tourista. C'est venu tout d'un coup vers une heure du matin. Des crampes incroyables. A ce moment-là, on redevient très vite croyant en implorant le seigneur de mettre un terme à nos souffrances. Bref, j'ai bien retapissé la cuvette des chiottes et je n'ai pas beaucoup dormi. J'ai très certainement mangé un fruit ou un légume pas très clair. D'habitude, je suis plutôt résistant de l'estomac, mais là, le virus était le plus fort. Ce matin, je devais aller faire un tour en bus pour visiter la région. Mais je crois qu'il serait plus prudent de remettre ça à demain. De plus, aujourd'hui c'est dimanche, le jour du repos. Je vais juste en ville chercher un médicament à la pharmacie et prendre un petit café sous les arcades de la grande place. Soudain, des troupes de soldats et de policiers descendent de leurs camions. C'est assez impressionnant. Un coup d'état ? Non, c'est simplement pour le défilé militaire qui a lieu tous les dimanches matins sur la place. On a droit à la fanfare et au levé du drapeau. Un policier demande gentiment à un gars d'un certain âge, de type indien, à coté de moi, de retirer sa casquette pendant que la fanfare joue l'hymne national. Ce dernier lui retourne un regard fixe et noir, limite méchant, mais finit par s'exécuter. On sent que ce n'est pas son chant préféré. Moi non plus, je ne suis pas un fana de ce genre de manifestation. Je vais donc me balader un peu plus loin. Mais je sens que j'ai la fièvre qui monte et mes jambes flageolent. Il est plus prudent de rentrer à l'hôtel et de me reposer dans mon lit.

samedi 10 mars 2012

Le couvent de Santa Catalina

J'ai quand même réussi à dormir un peu, mais c'est décidé, je change d'hôtel. Je vais voir un peu plus loin dans la rue. Il y en a un que conseille mon guide. Effectivement, il n'est pas mal et deux fois moins cher que celui d'où je viens. Il a une magnifique terrasse qui a une vue panoramique sur la ville et sur la volcan Misti qui domine la région. En plus, il est tenu par deux charmantes nanas. J'ai dit charmantes, pas canons. Bref, je retourne chercher mon sac et le type de l'hôtel me propose de rester pour la moitié du prix. Il est gonflé celui-là. Il est en train de m'expliquer qu'il m'a bien niqué sur le prix de la chambre hier soir. Je lui fait comprendre que là où je vais, les patronnes sont beaucoup jolies que lui. Il comprend vite qu'il ne peut pas lutter. Adios. Le temps de déposer mes affaires dans mon nouvel hôtel, je vais prendre un petit déjeuner sur la Plaza de Armas. Une superbe place. Je trouve un petit resto au premier étage sous les arcades. La vue sur la place est magnifique. L'endroit est paisible. Il fait beau et frais. Que du bonheur ! Je me renseigne un peu sur ce qu'on peut voir dans la ville. Le truc à ne pas rater, parait-il, c'est le couvent de Santa Catalina. L'entrée est un peu chère mais ça vaut vraiment le coup d'oeil. On se croirait dans un décor d'Hollywood tellement c'est authentique. Les religieuses vivaient encore ici complètement cloîtrées, il y a peu. C'est une ville dans la ville. Au détour d'une ruelle, je tombe sur une bombasse qui se fait prendre en vidéo par une petite équipe de tournage. J'ai pris une ou deux photos d'elle pour la gente masculine qui suit assidûment mon blog. C'est le bonus du jour. (Y en aura d'autres...). Une fois la visite terminée, je vais manger un ceviche dans un petit resto sympa. C'est trop bon. Puis le ciel se couvre sacrément. On ne voit plus le volcan Misti (qui ressemble au Fujiyama). Le tonnerre gronde et l'orage éclate. La pluie tombe durant deux bonnes heures. Ça me laisse l'après-midi pour écrire mon blog.

vendredi 9 mars 2012

Le bus pour Arequipa

Mon bus pour Arequipa ne part qu'à 13h45. J'ai toute la matinée pour glander. Je vais quand même faire une promenade dans les environs, mais il n'y a pas grand chose à voir et puis ça cogne. Fernando devait m'accompagner à la gare routière mais il doit avoir un empêchement, donc j'y vais à pied. C'est pas que c'est loin, mais avec mon jean et mes chaussures de marche, je crève de chaud. J'ai réussi à obtenir une place tout devant, au premier étage, juste au-dessus du chauffeur. C'est la place idéale pour avoir une vue panoramique. Comme au cinéma à 180°. C'est un bus luxueux, rien à voir avec les poubelles prises jusqu'à présent. Mais comme il est beaucoup plus cher, il est surtout rempli de touristes, et notamment par des groupes de français. Comme je suis content de ne pas voyager en groupe. Je crois vraiment que ce type de voyage n'est pas fait pour moi. Coté sécurité, c'est impressionnant. On a droit à une fouille au corps en règle avant de monter dans le bus, puis chacun de nous est pris en vidéo, au cas où. Bonjour l'ambiance. Il parait qu'ils font ça depuis l'époque du terrorisme avec le sentier lumineux. Depuis, ils continuent. Mais ça ne rassure pas trop leur truc. Nous prenons la panaméricaine vers le sud. C'est le désert. La route est principalement utilisée par des camions ou des bus. Très peu de voitures. Comme c'est l'axe principale de l'amérique du sud, il y a un gros trafic de poids lourds. C'est une simple voie et pas si large que ça. Je ne voudrais pas faire du vélo là-dessus. Ça doit être mortel. La plus part du temps, nous longeons la mer, mais parfois il faut traverser les montagnes qui qui se jettent dans l'océan. La route devient alors sinueuse et vertigineuse. Il faut serrer les fesses, surtout dans les courbes lorsque nous croisons les énormes camions. De ma place haut perchée, j'ai l'impression plusieurs fois que nous allons finir dans le ravin. Pourvu que le chauffeur ait pris assez de café... Le voyage va durer 10 heures. C'est long 10 heures. En plus, il n'y a pas d'arrêt prévu. On nous sert un repas, pas trop mauvais. Et puis, ils nous passent un paquet de dvd débiles, histoire de faire passer le temps. Les paysages sont quand même beaucoup plus intéressants. Dunes, vents de sables, petits ports de pêches, rios qui viennent se jeter dans la mer. Finalement, je ne suis pas déçu d'avoir mis mon jean. La clim est à fond et il fait un froid de canard. Je me recouvre de la couverture qui est mis à notre disposition. Lorsqu'on voit les gens dehors en chemise qui crèvent de chaud, on se dit qu'ils ont bien de la chance. A mi-chemin, la nuit tombe. Magnifique couché de soleil sur la mer. Il ne reste plus qu'à essayer de dormir. L'hôtesse du bus me réveille juste avant d'arriver à Arequipa. Il est minuit. Dehors, il fait plutôt frais. Il faut dire que nous sommes montés à 2 300 mètres d'altitude. Je sors une polaire de mon sac. Maintenant, il va falloir trouver un hôtel à cette heure, ça ne va pas être simple. En sortant de la gare routière, je tombe sur un taxi. Dans tous les guides, ils nous mettent en garde contre les faux taxis qui vous emmènent dans la pampa et vous désossent avec des complices en un rien de temps. J'ai beau ne pas être particulièrement trouillard, on y pense quand même. En plus, mon gus n'a pas vraiment la gueule d'un premier de la classe. Bref, je serre les doigts et le fesses et lui demande de m'emmener au centre ville où je trouverai bien quelque chose d'ouvert. Apparemment, il a décidé de prendre les petites rues. "Seguro que esta por alli ?" "Si, si, no hay problema !" No problema, c'est vite dit. Je resserre les fesses. Lorsque j'aperçois enfin la place centrale, la Plaza de Armas, je les desserre et me dis que finalement, il est plutôt sympathique ce type. Par chance, nous trouvons un hôtel minable pas trop loin de la place. Les murs sont lugubres, on sent les ressorts du lit, il n'y a pas d'eau chaude et il y a comme une odeur de vomi. Allez, Vincent, t'en as vu d'autres. C'est pour la moitié d'une nuit seulement.

jeudi 8 mars 2012

Les figurines de Nazca

Ce matin il pleut. Incroyable ! Cela n'arrive que deux fois par an et il a fallu que ça tombe sur moi. Il y a des fuites d'eau partout dans l'hôtel. Evidemment, l'étanchéité n'est pas la première des préoccupations lorsqu'on construit ici. On installe donc des bassines. Ça fera largement l'affaire. L'avantage de cette petite pluie, c'est que la température a chuté de dix degrés. Ça fait du bien. On respire un peu. Bien entendu, lorsqu'on est à Nazca, on se doit de visiter les géoglyphes. Ce sont des sortes de grandes lignes et figurines tracées sur le sol par la civilisation nazca, avant l'ère des incas. Comme il ne pleut jamais, sauf aujourd'hui, elles restent intactes. Pour les voir, l'idéal, c'est de les survoler en avion. Mais ça coûte un oeil. Et puis, ça me tente moyennement. Heureusement, il existe d'autres solutions pour les rapiats comme moi. Ils ont construit deux miradors qui permettent d'en voir quelques unes et ainsi de se faire une idée. Le patron de l'hôtel, Fernando, me propose qu'un de ses amis me serve de guide. En fait, il faudrait plutôt dire de chauffeur car il est gentil mais pas très causant. Nous y allons avec sa voiture en compagnie d'un jeune routard japonais. C'est fou ce qu'il y a comme touristes japonais au Pérou. On va voir les figurines situées à une vingtaine de kilomètres dans le désert. La pluie a cessé. Bon, ben voilà, on les a vu. Pour être honnête, ça casse pas des briques. Ou alors, il aurait fallu un bon guide qui nous donne quelques explications. Heureusement, j'avais lu auparavant quelques articles sur internet. Comme je reste un peu sur ma faim, on me propose d'aller voir le cimetière de Chauchilla, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Nazca. Je pars donc dans un minibus rempli de touristes de toutes les nationalités. Certes, nous avons droit aux inévitables visites d'ateliers de poteries et autres artisanats de la région, véritables pièges à touristes. C'est chiant, mais bon, c'est la règle du jeu. Faut faire avec. Le cimetière est isolé en plein désert. Les tombes ont été découvertes récemment. Il a fallu mettre le holà aux pillages car les momies et les poteries se vendaient une fortune au marché noir. Ils ont donc sécurisé la zone et reconstitué douze tombes avec des momies originales. Elles sont parfaitement conservées. Comme il fait chaud et sec, elles ne se dégradent pas. La chaleur revient. On ne voit plus aucune trace de la pluie de ce matin. Nous rentrons en ville. Nous passons devant quelques jolis cimetières, plus récents ceux-là. Je passe à la gare routière pour acheter mon billet de bus pour partir demain à Arequipa. Déjeuner vite fait dans un boui-boui local puis retour à l'hôtel prendre une bonne douche.

mercredi 7 mars 2012

En route vers Nazca

Pisco est une ville dynamique et en pleine reconstruction mais on en a vite fait le tour. Je décide donc de partir à Nazca. Une ville plus au sud, en plein désert, connue pour ses motifs gigantesques gravés à même le sol qu'on peut surtout découvrir du ciel, et d'origine inconnue. Je me rends donc sur la panaméricaine en taxi. C'est par-là que passe la majorité des bus. Par chance, je trouve une place à l'avant d'un bus presque neuf. C'est plus sympa pour admirer les paysages en vue panoramique. Dans mes voyages, c'est sans doute les trajets en bus que je préfère. Je discute avec moi voisin de siège. Je ne sais pas s'il est fou ou très intelligent, mais il est marrant. Il me parle en mélangeant l'anglais et l'espagnol. Pas facile à comprendre le mec. Il n'arrête pas de causer. Je dois faire semblant de m'endormir pour avoir un peu la paix. Heureusement, le trajet jusqu'à Ica ne dure qu'une heure. Là, il faut que je trouve un autre bus pour m'emmener jusqu'à Nazca. J'en trouve un assez vite à la gare routière mais celui-là est tout pourri. Les paysages sont désertiques et mais cependant magnifiques. Dans le bus, ils passent une vidéo d'un film américain débile. Moi, je préfère regarder les splendides paysages. Malheureusement, je suis à coté d'une fenêtre dégueulasse qu'on ne peut pas ouvrir. Je tente tout de même quelques photos. On verra bien le résultat plus tard. Au moins, ça fera des souvenirs. Plus on s'éloigne de la mer, plus il fait chaud. Le soleil doit être au zénith car les poteaux électriques n'ont pas d'ombre. Parfois, nous traversons des vallées d'un vert éclatant qui contraste avec le jaune des montagnes rocailleuses. Sûrement la présence d'un rio. Ou alors de cultures irriguées. Nous arrivons enfin à Nazca vers 13 heures. Je m'attentais à voir une grande ville mais c'est plutôt un gros bourg assez sympathique. Autant à Pisco ils refaisaient toutes les maisons, autant ici ils refont toutes les rues. La ville est un vrai chantier. Je ne sais pas comment font les ouvriers pour travailler sous cette chaleur. C'est limite inhumain. A la sortie du bus, je suis alpagué par des rabatteurs d'hôtels. On me proposent des chambres à des prix défiant toute concurrence. Mais j'avoue qu'avec l'âge, j'en ai marre de me taper les endroits glauques. Je leur dis donc que je sais déjà où je veux aller. Effectivement, la patronne de l'hôtel de Pisco m'a recommander un hôtel sympa. Et c'est vrai, il est sympa. Il est tenu par un vieux couple de péruviens qui étaient pharmaciens auparavant. Avec leurs économies, ils ont monté cet hôtel et ils s'en sortent plutôt pas mal. En tout cas, ils sont très gentils. Comme la chambre qu'ils me proposaient ne me plaisait pas trop, ils m'en donnent une autre beaucoup plus grande pour le même prix. Je suis un vrai pacha dans cette suite. Il fait tellement chaud et lourd que je prends une douche. Puis je vais en ville pour manger un bout. Il est deux heures et tous les commerces sont en train de fermer. Il n'y a presque plus personne dans les rues, à part les ouvriers bien sur. Je trouve quand même une petite gargote qui me propose un menu pour seulement 9 soles. Crudités, poulet, riz et bière. Vite fait, bien fait. Puis c'est la siesta. De toute manière, il fait trop chaud pour faire quoique ce soit. Même dans la chambre, il fait une chaleur étouffante. J'en profite pour trier mes photos. Celles du bus ne sont pas si mal. On voit à peine les saletés de la fenêtre. En début de soirée, je retourne me balader en ville. Le ciel est bien  nuageux. Il y a même des petites gouttes de pluie. On voudrait bien qu'un orage éclate, mais ça veut pas. Il y a maintenant beaucoup plus de monde dans les rues. Tous les commerces sont ouverts. J'achète un couteau dans une vieille boutique pour remplacer celui qu'ils m'ont piqué à Roissy. Le soir amène un peu de fraîcheur et c'est tant mieux.

mardi 6 mars 2012

La citadelle de Tambo Colorado

Ce matin, je veux aller voir la citadelle inca de Tambo Colorado (comme le nom de mon hôtel), située à 40 kilomètres à l'est de Pisco. A l'agence de tourisme, ils me proposaient la visite pour le prix démentiel de 100 soles. Ils me disaient c'était cher parce que j'étais seul à vouloir y aller. Mais j'apprends par la patronne de l'hôtel qu'en prenant un petit minibus local, on peut très bien se débrouiller tout seul. C'est donc ce que je fais. Elle m'indique la rue où passent les minibus. Je trouve aisément. Ça ne coûte que 7 soles l'aller et retour. Bonjour la marge de l'agence. Au début, c'est confortable car nous sommes peu nombreux à l'intérieur. Mais le principe de ces minibus est de prendre tous les gens sur la route qui font un signe de la main. Evidemment, on devient vite serré comme des sardines. Mais l'ambiance est bonne. Les passagers sont surtout des paysans. Entre eux, ils parlent espagnol. J'arrive donc à suivre les conversations. J'ai droit à des grands sourires amicaux. Vraiment sympas ces péruviens. La route longe le rio Pisco. Ce qui explique la verdure inattendue des alentours. On y voit des champs de cotons, de maïs et des arbres fruitiers. Une vraie oasis. Les montagnes aux alentours, elles, sont rocailleuses et désertiques. Au bout d'une heure de trajet, j'arrive enfin à la citadelle. C'est désert. Je suis le seul visiteur. Je demande au gardien s'il a souvent de la visite. "Très peu" me répond-il. "Le syndicat d'initiative ne fait pas assez de promotion !". Bref, j'ai toutes les ruines pour moi tout seul. Les constructions ont été réalisées en adobe de terre. C'est intéressant. Mais on fait vite le tour en une heure. Il est midi, la chaleur cogne. Je discute un peu avec le gardien en attendant mon bus de retour. Il me parle de football et de la tour Eiffel. Je lui dis ce que je sais de la tour Eiffel. En ce qui concerne le foot, il comprend vite que je m'en fiche complètement. De retour à Pisco, je vais déjeuner dans un petit resto. Je commande un ceviche de poisson. C'est le plat national du Pérou. Un mélange de poisson cru cuit au jus de citron vert, des oignons, des piments et des patates douces. C'est le plat idéal lorsqu'il fait chaud. J'adore ça. Retour à l'hôtel pour la siesta. Je teste Skype avec ma tablette. Ça marche merveilleusement bien. Je peux montrer la vue de mon hôtel en webcam. Lorsque la chaleur baisse un peu, je vais faire un tour en ville. Pour être honnête, il n'y a pas grand chose à voir. C'est une ville en pleine reconstruction. Et c'est pas génial. Je passe devant une petite fête foraine pour les enfants qui est en train d'être montée. Les couleurs des manèges contrastent un peu avec la monotonie grisâtre des bâtiments. Je passe par hasard devant l'agence de voyage. Le type me salue et me demande si je veux aller faire un tour à la citadelle inca. Je lui réponds que j'y suis déjà allé ce matin avec le bus local. Il me dit que c'était très imprudent de ma part car cela pouvait être dangereux. Je n'ai pas eu cette impression. Je pense surtout qu'il regrette de ne pas avoir fait une bonne affaire.