dimanche 20 mai 2012

Le petit train d'Ibarra

Il y a une vingtaine d'années, la ligne qui allait d'Ibarra à San lorenzo, sur la côte pacifique nord, fonctionnait encore. Mais suite à des pluies torrentielles, un bout de montagne s'est effondré sur la voie ferrée au niveau de Salinas, à 40 kilomètres au nord d'Ibarra. Le trafic a été interrompu depuis. Mais il y a peu, l'état a remis en état un bout de la ligne entre Ibarra et Salinas pour promener les touristes. D'abord se fut un autorail, une sorte de bus sur rail. Maintenant il s'agit d'une vraie locomotive au fioul avec deux wagons marchandises et deux wagons passagers. Certes, c'est très touristique mais il parait que les paysages sont splendides. On va voir ça. Ce matin, il fait plutôt beau. Tant mieux. Le départ a lieu à 10 heures dans la petite gare située non loin de notre hôtel. Valérie, Franck et moi y allons à pied. Nous prenons un petit café à la buvette de la gare en attendant le départ. Apparemment, nous sommes les seuls touristes étrangers. Les autres passagers sont des touristes équatoriens, assez aisés semble-t-il. Toutes les places des deux wagons sont occupées. A priori, ça marche bien leur affaire. Comme j'ai réservé hier soir au dernier moment, je ne suis pas dans le même wagon que mes deux acolytes. Ce n'est pas grave, on se retrouvera à Salinas. Ce sont des vieux wagons en bois qui ont été retapés à neuf. Les sièges sont plutôt confortables mais c'est assez bruyant. Cette activité ferroviaire fait travailler et vivre pas mal de monde. Les cheminots bien sur, mais aussi les guides, les gars de l'entretien, de la sécurité et toutes les activités annexes. Il y a cinq trains par semaine. Tous les jours sauf le lundi et mardi. Deux types par wagons sont postés à l'extérieur ou sur le toit pour la sécurité. Il y a aussi une voiture qui précède le train pour arrêter les voitures aux passages à niveau. Car bien entendu, il n'y a pas de barrières automatiques. Nous traversons d'abord la ville sous l'oeil amusé des passants. C'est marrant comme le train fascine. La voie est relativement en bon état. Ça ne tangue pas trop. L'ambiance à l'intérieur de mon wagon est joviale. Un petit air de fête. Nous quittons les faubourgs de la ville. Les paysages commencent à devenir sympas. Nous allons descendre 600 mètres de dénivelé jusqu'à Salinas. Nous passons plusieurs ponts et tunnels. Il y a comme un petit coté western. Au début, ce sont surtout des paysages de montagnes et de prairies. Au fond de la vallée coule un rio. Puis les montagnes deviennent de plus en plus arides. Paysages magnifiques. A l'intérieur de chaque wagon il y a un guide qui fait ses commentaires sur la région. Malheureusement, on entend pas grand chose avec le bruit ambiant. Le mien, un noir très sympa, parle un peu le français. Ça lui fait plaisir de venir me donner la traduction de ses explications. Il m'explique qu'il veut se perfectionner en français. Il prend des cours pour ça. En tout cas, il se débrouille très bien. Plus on descend, plus on sent la chaleur qui monte. On retire les pulls. Puis dans la plaine, avant d'arriver à Salinas, nous découvrons les champs de cannes à sucre à perte de vue. Du vert partout. Le trajet ne dure pas très longtemps. Une heure et demie. Salinas est un village tranquille, voire très tranquille. Il parait désert. Il vit essentiellement du train et de la canne à sucre. Ce qui explique qu'une grande partie de la population soit noire. Un héritage de l'esclavage. A notre arrivée, nous sommes accueillis sur le quai de la gare par une troupe de danseurs noirs avec un petit orchestre. C'est touristique mais sympathique. Puis nous allons visiter un petit musée qui explique comment on fabriquait du sel à l'époque. En effet, la terre de Salinas est très salé. D'où son nom. Il y avait donc une petite production de sel. Maintenant c'est fini. C'est plus facile de le faire venir de la mer. Mais c'est intéressant de voir comment ils extrayaient le sel de la terre en la filtrant avec de l'eau. La visite terminée, nous allons détjeuner dans un petit restaurant communautaire. Ce n'est pas de la grande cuisine mais ça cale. Durant le repas, des enfants noirs viennent chanter et faire de la musique avec des tambours. Bonne ambiance. Les touristes adorent. Finalement, ce petit train crée pas mal de petits boulots. C'est plutôt une bonne chose. Après le repas, je vais prendre quelques photos dans le village. Les gens sont gentils comme tout. Vers 16 heures, retour à la petite gare où le train nous attend. Nous prenons le chemin inverse. Valérie et Franck m'ont rejoint dans mon wagon car il y a de la place de libre. Un famille est repartie en voiture. Bizarrement, mon guide m'explique que le train va aller plus vite au retour en montant qu'à l'aller en descendant. En effet, il doit aller plus doucement dans la descente pour économiser les freins. Comme la lumière a changé, les paysages ont l'air différents. C'est vraiment magnifique. Nous arrivons à la gare d'Ibarra vers 17 heures. Je ne regrette vraiment pas cette journée. C'était très sympa. Je quitte mes deux compagnons de voyage. Valérie part pour la Colombie et Franck doit retourner à La Paz pour prendre son avion jeudi prochain. Trois jours de bus. Je lui souhaite bon courage...

samedi 19 mai 2012

Le marché d'Otavalo

Les nuages sont très bas ce matin. On ne voit pratiquement plus les montagnes. Il va certainement pleuvoir. Je ne perds donc pas trop de temps pour me rendre au marché. Il y a effectivement un monde fou. Les paysans des villages voisins sont venus pour acheter ou vendre leurs produits. Et tous les touristes comme moi sont venus pour le folklore. Sur la grande place, on trouve des tissus, des pulls, les bonnets et autres articles qu'on retrouve partout dans les coins touristiques. Mais, à coté du marché, c'est beaucoup plus typique. C'est là que se vendent les légumes, les fruits et la viande. C'est plein de couleurs et de vie. Grâce à mon zoom, j'arrive à prendre de bonnes photos assez discrètement. De toute manière, même si on se fait repérer, les gens ne râlent pas. Ils sont habitués aux touristes. Puis la pluie se met à tomber. Doucement, d'abord puis de plus en plus fort. Je rentre à l'hôtel me réfugier. Vers midi, il y a une accalmie. J'en profite pour aller déjeuner dans un petit resto rempli d'indiens. Je suis dévisagé sans méchanceté mais sans sourire non plus. Spéciale l'ambiance ici. Je mange rapidement et retourne à l'hôtel faire mon sac. Je vais à pied à la gare routière. Je veux me rendre à Ibarra, à une vingtaine de kilomètres au nord. Evidemment, je m'y attendais, il y a un monde fou. Il faut faire la queue pour monter dans un bus. Heureusement, comme il y a un bus toutes les cinq minutes, l'attente n'est pas trop longue. Au bout d'un quart d'heure, j'arrive à en prendre un. Il est plein à craquer. Le trajet ne dure qu'une demi-heure. Ibarra parait plus importante qu'Otavalo. Je prends un taxi pour m'emmener à l'hôtel Imbabura. C'est le plus vieille hôtel de la ville. Il a été classé monument historique. J'ai le droit à un charmant accueil du propriétaire, Don Pépé, un vieux monsieur sympathique et très bavard. Il parait que c'est la mémoire de la ville. Il m'indique les choses à voir en ville et les sites à ne pas louper sur la côte. Les chambres ne sont pas de toute première fraîcheur mais le cadre est agréable. Il y a un immense patio intérieur fleuri. C'est plutôt reposant comme endroit. Pile poil ce qu'il me fallait. Par contre, il n'y a pas de connexion internet. Les photos et le blog attendront. Puis je vais visiter la ville. Comme on est samedi après-midi, tout est fermé. Les rues sont presque désertes. Mais j'aime bien l'atmosphère. Il y a deux grandes places assez jolies, avec en toile de fond les montagnes. De retour à l'hôtel, je rencontre deux français, Valérie et Franck qui voyagent ensemble depuis plusieurs semaines. Ils se sont rencontrés en voyage. Ils ont l'air sympas. Demain, ils ont prévu de prendre un petit train touristique entre Ibarra et Salinas. A peine 60 kilomètres aller-retour. Il parait que les paysages sont fantastiques. Pas con ! Après tout, je ne suis pas à une journée près. Je passe donc à la gare pour savoir s'il reste de la place. Oui. J'en réserve une. On finit la soirée en se racontant nos voyages.

vendredi 18 mai 2012

Otavalo

Je suis un peu indécis pour la suite de mon itinéraire. J'ai abandonné l'idée d'aller faire un tour en Colombie. Je n'ai pas suffisamment de temps devant moi. Il faut maintenant penser à redescendre doucement sur Lima et si possible par une autre route. Tout le monde me dit que la côte équatorienne ne vaut pas vraiment le coup. On verra bien. Il peut y avoir de bonnes surprises. Aujourd'hui, je vais allé à Otavalo dans le nord, à une centaine de kilomètres de Quito. Il parait qu'il y a un très grand marché le samedi. Je me rends donc à la gare routière du nord en métro-bus. De là, je trouve rapidement un bus. La route est goudronnée. Elle est plutôt jolie. Elle passe dans des vallées verdoyantes entourées de volcans, certains toujours en activité. Le ciel est un peu couvert mais il ne pleut pas. On ne va pas se plaindre. Arrivés près d'Otavalo, le bus me dépose sur la panaméricaine car il ne s'y arrête pas. Heureusement, le centre ville n'est pas trop loin à pied. Je trouve rapidement un hôtel assez sympa avec des chambres sur un patio intérieur. Il y a aussi une jolie terrasse qui domine les toits de la ville. Il est essentiellement occupé par des touristes étrangers qui viennent, comme moi, voir le marché de demain. Je vais déjeuner dans un petit restaurant à coté, Banquetes d'Espana, que m'a conseillé le type de l'hôtel. Il parait qu'ils ont un menu pas trop mal pour trois dollars. Au lieu de m'indiquer les plats du menu du jour, le garçon me propose des crevettes fries avec du riz. Moi, je dis banco, content de manger autre chose que du poulet. Bon, honnêtement, c'était pas terrible. Mais quand le type m'apporte la cuenta, j'ai un sursaut. Dix dollars !  Je lui demande si c'est une blague ? Mais non, le patron, qui a une vraie tête de con, confirme le prix en disant que ce n'était pas dans le menu. Pas moyen de négocier. Je crois que je suis tombé sur un bel enfoiré qui a décidé d'arnaquer un touriste. Bref, comme je n'ai pas trop envie de discuter avec lui, je le paye. Pour le faire chier, je lui demande une facture en lui disant que je la montrerai à l'office du tourisme pour qu'ils rigolent un peu. Il s'en fout complètement. J'ai horreur de me faire avoir. Pour me calmer, je vais me promener pour découvrir la ville. Rien d'extraordinaire. Pas de quartier vraiment sympa. Pas d'attrait touristique. Bref, une petite ville commerçante banale.  C'est surtout sa situation géographique qui est jolie. Entourée de volcans, de lacs et de forêts. Les habitants du coin sont essentiellement des indiens Otavalo. Il sont réputés pour être de très bons commerçants. Tu m'étonnes. Les hommes, et même les enfants, ont les cheveux longs et portent une longue tresse en arrière. Ils sont revêtus d'un poncho bleu et coiffés d'un chapeau panama. Les femmes portent une longue robe noire, un chemisier blanc et un châle de couleur. Elles, ne portent pas de chapeau. On dirait une secte, comme les amiches. Je m'assoie sur un banc de la place centrale pour voir passer les gens. Je suis surpris du nombre de gens qui consulte leur ordinateur autour de moi. En fait, je comprends que la municipalité a mis du wifi gratuit à disposition autour de la place. Donc, on vient ici pour consulter ses mails. C'est marrant de voir les otavalo en habit traditionnel avec leur ordinateur portable.

jeudi 17 mai 2012

La Mitad del Mundo

Je viens d'avoir des nouvelles par mail d'Aurélie et Philippe. Il sont arrivés hier bien crevés à Quito. Ils reviennent du fin fond de l'Amazonie. Apparemment, ça leur a bien plu. Nous nous donnons rendez-vous à la gare routière d'Ofélia, dans le nord de la ville, pour aller voir le site del Mitad del Mundo (la moitié du monde). C'est l'endroit où les premiers scientifiques, des français en l'occurrence, on définit avec exactitude la position de l'équateur. C'était au 18ème siècle à la demande de Louis XIV qui souhaitait qu'on mette un terme à la polémique de savoir si la terre était parfaitement sphérique ou si elle était aplatie aux pôles. Deux thèses qui se s'affrontaient à l'époque. Bref, je ne rentre pas dans les détails mais c'était un évènement à l'époque. Depuis, on se sert du lieu pour en faire une destination touristique incontournable, histoire d'avoir un pied dans l'hémisphère nord et l'autre dans le sud. C'est plus symbolique qu'autre chose mais c'est marrant. Je prends donc le métro-bus pour me rendre jusqu'à la gare routière. Ce metro-bus, c'est en fait une voie réservée au bus. L'avantage, c'est qu'il va vite puisqu'il évite les bouchons. Il est facile d'accès et surtout très peu cher. Pas de touriste en vue. Dès qu'on est un peu perdu, les gens se font un plaisir de nous aider. Adorables ! Je retrouve avec plaisir mes deux grenoblois. Décidément, on ne se quitte plus. On se raconte nos aventures. De la gare routière, nous prenons un autre bus qui nous emmène directement au site del Mitad del Mundo, situé à une trentaine de kilomètres au nord. Pour être honnête, à part un monument très moche et quelques musées sans grand intérêt, il n'y a pas grand chose à voir. C'est juste pour dire qu'on y est allé et se prendre en photo sur la fameuse ligne jaune. Il y a même une église avec la ligne qui passe au milieu. C'est drôle ! On reste un petit moment puis on rentre en ville. Aurélie qui est tombée en admiration devant ma tablette veut que je l'aide à en choisir une. Comme ils voyagent pendant un an, ils trouvent que c'est très pratique pour envoyer des mails et des photos. Et ils en ont marre de passer un temps fou dans les cybercafés. On va donc se balader dans les centres commerciaux du quartier moderne pour trouver une tablette pas trop cher. Ce n'est pas évident car c'est quand même beaucoup plus onéreux qu'en France. Mais on finit par en trouver une pas trop mal dans une petite boutique tout en haut d'une galerie marchande. Drôle de galerie d'ailleurs. Elle monte en colimaçon sur quatre étages. On est ainsi obligé de passer devant chaque boutique. Pas con. Une fois achetée, on va se poser dans un Mac Donald qui a du wifi pour la configurer ensemble. Je leur explique quelques petits trucs pour l'utiliser. Mais Aurélie pige vite et s'en sort très bien. Puis nous reprenons le métro-bus ensemble. Ils s'arrêtent cinq stations avant moi. Nous nous disons au revoir pour la dernière fois car nos routes se séparent. Ils partent pour la côte et iront après en Colombie. Il leur reste encore 3 mois de voyage. Moi, je vois le temps qui défile à toute vitesse. Il ne me reste plus qu'un dizaine de jours pour aller sur la côte et retourner sur Lima.

mercredi 16 mai 2012

Quito en bus panoramique

J'aime bien ce moyen de transport pour visiter une ville. On paye un peu cher un billet unique qui permet de faire le tour de la ville et de s'arrêter autant de fois qu'on le souhaite. En plus, d'en haut, on peut prendre de bonnes photos, en toute tranquillité. Auparavant, je vais visiter la Compania jésuite qui se trouve près de la place de l'Indépendance, au centre du vieux Quito. Je n'ai jamais vu autant de dorures dans une église. Il y en a partout sur les murs et sur les plafonds. Je ne sais pas combien de tonnes d'or il a fallu pour recouvrir tout ça. Ça fait clinquant mais c'est pas moche. Il y a des cameras de surveillance partout, des fois que ça nous prendrait d'arrondir nos fins de mois en prélevant un petit échantillon. Les photos sont bien entendues interdites mais j'arrive à en prendre quelques unes furtivement. Puis je monte dans mon fameux bus impérial panoramique pour touristes argentés. Nous grimpons tout d'abord sur la colline de la Virgen de Panecillo. On ne peut pas la louper, elle domine toute la ville. De là, la vue est magnifique. J'ai de la chance avec le temps. Il fait presque beau. Enfin, suffisamment pour voir loin. Puis nous redescendons sur le vieux Quito. Nous passons devant une grande place où des groupes folkloriques dansent. Le public qui nous a repéré, nous fait signe de venir voir le spectacle avec eux. Certains descendent. Connaissant déjà un peu le quartier, je ne m'y arrête pas. Le bus nous emmène jusqu'au départ du téléphérique qui monte sur un volcan éteint qui domine toute la région. Il parait que l'ascension est sympa. Malheureusement, il est en réparation cette semaine. Ce sera pour une autre fois. Puis nous plongeons dans le Quito moderne. Rien à voir avec le quartier colonial. Ça ressemble à n'importe quelle autre ville moderne. Pas mal d'immeubles mais pas de grattes-ciel. Sans doute à cause des risques de tremblements de terre ? Je m'arrête pour marcher un peu. Pas beaucoup d'intérêt à vrai dire. Des magasins, des bureaux, des hommes en cravates et des femmes en tailleur. Parfois, on rencontre des constructions marrantes comme un restaurant en forme de château genre Disney. On se demande ce que ça fout là ? Je m'arrête déjeuner dans un restaurant qui a une terrasse à l'étage. Le menu est toujours pareil. Soupe de légumes, poulet avec riz et un bout de pastèque. La bonne bouffe commence à me manquer sérieusement. Je vais me reposer un peu dans un petit parc. J'observe les gens. Des jeunes garçons en costume sifflent toutes les minettes qui passent. Elles rigolent, moi aussi. On n'est pas chez les latinos pour rien. Je reprends mon bus à touristes pour retourner dans mon vieux quartier. Finalement, j'ai bien fait de crécher là. C'est quand même plus sympa.

mardi 15 mai 2012

La basilica del Voto

Je ne sais pas trop par où commencer car le centre historique de Quito regorge de monuments à voir. C'est dans ce quartier que se trouvent les gens les plus défavorisés. Les indiens, les métisses et les noirs, notamment. Les riches habitent plutôt le quartier moderne. Au début, je déambule un peu au hasard. Je passe voir l'église Santo Domingo qui se trouve juste à coté de mon hôtel. Comme toutes les églises ici, elle est chargée d'or plein partout. C'était, à l'époque, une façon pour l'église de montrer sa puissance. Je suis toujours surpris, lorsque je rentre dans une église en amérique du sud, de voir le nombre de fidèles qui vient prier à toute heure de la journée. La religion tient ici une place beaucoup plus importante que chez nous. Je continue ma balade un peu plus loin jusqu'au couvent San Francisco. C'est le plus grand couvent d'Amérique. Il est situé sur une jolie place pavée, entourée de belles maisons coloniales. Je vais visiter l'intérieur. On me demande si je veux un guide ? Pourquoi pas ! Une charmante jeune fille me fait donc la visite pour moi tout seul. J'aurai peut-être dû m'en passer car, à travers les tableaux, elle me récite toute l'histoire de Saint François d'Assise. J'ai l'impression d'être au catéchisme. Certes, il y a parfois des choses intéressantes, mais au bout d'une heure, j'en ai vraiment marre. Par contre, l'avantage, c'est qu'elle me montre des salles à l'étage que je n'aurais jamais trouvé tout seul. Malheureusement, les photos sont interdites. J'en négocie une discrètement pour prendre l'église vu d'en haut depuis le choeur où se réunissent les frères pour chanter et prier. A la fin de la visite, je la remercie et lui glisse une pièce. Elle a eu du mérite d'avoir à faire à un mécréant comme moi. Je sors du couvent et continue ma balade. Au loin, j'aperçois deux immenses tours d'une église perchée sur une colline. C'est la basilique del Voto. Je me dis que de là-haut, il doit y avoir une belle vue sur la ville. Je m'y rends donc. Ils ont mis plus d'un siècle à la construire. L'inauguration a eu lieu récemment. De loin, elle a de la gueule. De près, c'est différent. Tout est mal fini. On voit les imperfections de la construction. On a l'impression que ça a été terminé à la va-vite. On peut dire que c'est même carrément moche. Mais elle a un grand avantage, c'est qu'on peut monter tout en haut. Il y a même un ascenseur. Le point de vue sur la ville est magnifique. J'y reste plus d'une heure. Il y a une petite passerelle qui permet de passer au dessus de la nef pour se rendre en haut de la flèche. En fait, on a l'impression que tout est accessible. Ils ont même prévu un bar au premier étage. J'en profite pour prendre une bière et un sandwich en admirant la vue par la baie vitrée. J'aime bien ces endroits. On peut même visiter l'endroit où est installé le mécanisme des horloges. J'ai passé un bon moment là-dedans. Je redescends et continue de flâner dans les rues. On ne peut pas dire que Quito est une splendeur mais elle n'est pas désagréable. De toute manière, j'aurai toujours du mal avec les villes quadrillées à angle droit ; le cas de toutes les villes américaines.

lundi 14 mai 2012

En route vers Quito

Quito est à peine à 70 kilomètres de Latacunga. La route qui y mène est une quatre voies, voire six voies par moment. Une autoroute en quelque sorte. Malheureusement, le temps est couvert. On voit a peine les sommets environnants. Dommage. La vallée dans laquelle nous circulons est entourée de volcans dont la plus part sont encore en activité. Quito est la deuxième capitale la plus haute du monde, après La Paz. Nous sommes à 2 850 mètres d'altitude. Les nouveaux arrivants ont normalement besoin de s'acclimater. Pour moi, pas la peine. Ça fait longtemps que je me suis adapté à l'altitude. Je trouve un hôtel dans le vieux quartier de Quito. D'habitude, les touristes vont dormir dans le quartier moderne mais moi je préfère la vieille ville. Les hôtels sont plus miteux mais plus authentiques. Et puis, on est proche de tous les monuments à voir. Mon hôtel sent le vieux et la cire mais ma chambre a une très belle vue sur les toits de la ville et sur les collines environnantes. Un petit couple de vieux aveugles chantent juste sous ma fenêtre. Ils sont mignons comme tout. Je vais faire un petit tour de reconnaissance en ville. Comme le temps est gris, il fait sombre. Je ne prends pas beaucoup de photos. J'espère que demain la météo sera plus propice.

dimanche 13 mai 2012

El parque de Cotopaxi

Ce matin, je suis hésitant. J'ai l'intention d'aller visiter le parc de Cotopaxi, mais vu le temps pourri, je ne suis pas sur que se soit une bonne idée. D'un autre coté, il n'y a rien à faire à Latacunga. On est dimanche, tout est fermé. Finalement, je décide de bouger. Après tout, le parc n'est qu'à une demi-heure de bus. Si la météo ne s'arrange pas, je reviendrai. Ça m'aura fait une petite balade dominicale. Je prépare donc mon petit sac et me rends à la gare routière à pied. Les rues sont désertes. Même la gare routière, d'habitude si grouillante, est calme. Pour se rendre au parc, il faut prendre un bus qui va à Quito et demander qu'on nous arrête sur la route près de l'entrée du parc. Ça tombe bien, des bus qui vont à Quito, y en tout le temps. Je suis le seul à descendre à l'arrêt. Il y a là un taxi qui attend. Il me propose de m'emmener à l'entrée du parc pour une somme déraisonnable. Je lui fais comprendre que je préfère trouver une autre solution. Je vais me renseigner un peu plus loin dans une petite auberge qui ressemble à un chalet suisse. Là, on me dit qu'il faut attendre qu'une camionnette passe et nous propose ses services. Il n'y a pas d'autres solutions, à part y aller avec son propre véhicule. Je vais dons attendre près de la route dans un petit cabanon abandonné. Il ne pleut pas mais ça menace sérieusement. Au bout de dix minutes à peine, arrivent une camionnette puis un jeune touriste argentin. Il s'appelle Alejandro, il est de Buenos Aires. Son accent portenos est horrible. J'ai beaucoup de mal à le comprendre. Le chauffeur de la camionnette s'appelle Victor. Il est guide. Il nous propose de nous emmener jusqu'au refuge en visitant les environs pour 25 dollars. C'est raisonnable. Nous acceptons. Le Cotopaxi est le plus haut volcan du monde en activité. Il culmine à 5 897 mètres d'altitude. On peut le gravir en deux jours. Nous, si le temps le permet, on va juste se contenter d'aller au refuge qui se situe à 4 810 mètres. Une fois l'entrée du parc passé, nous grimpons doucement dans les nuages. Là aussi, ils refont la route. La vue n'est malheureusement pas terrible. Victor et Alejandro sont très gentils. Nous sympathisons rapidement. Alejandro nous fait rire en se moquant des chiliens régulièrement. Ça fait des lustres que les chiliens et les argentins ne peuvent pas se piffrer. Nous nous arrêtons quelques instants dans le petit musée du parc. Il n'est pas passionnant mais de tout manière, dehors, c'est pas mieux. On y apprend l'histoire du volcan. Puis nous montons jusqu'au parking du refuge. Nous sommes dans les nuages. Il pleut et il y a des rafales de vent froid. Il y a pas mal de véhicules garés. Les gens attendent à l'intérieur que le temps soit un peu plus clément pour sortir. J'ai complètement oublié d'emporter mes gants et mon bonnet. Je n'avais pas prévu cette température. J'ai vraiment froid. J'hésite à monter là-haut. Heureusement, Victor me prête des gants et une polaire supplémentaire. J'ai l'air d'un clown mais faudra faire avec. Nous commençons l'ascension. Il faut gravir une immense dune de cendre. C'est un peu comme marcher sur du sable. Ce n'est pas très agréable. Avec le vent, on s'en prend plein les bronches. Alejandro a un peu de mal à monter. Il a le mal de l'altitude. Moi ça va, à part le manque de souffle. Il faut marcher lentement et faire des pauses fréquentes. Parfois, je me demande à quoi ça sert d'aller là-haut. On y voit rien. Il faut une petite heure pour parvenir au refuge. On ne l'aperçoit que trente mètres avant. Le brouillard est toujours là et pas d'éclaircie à l'horizon. J'attends mes deux compères au chaud à l'intérieur. Il n'y a pas grand monde. Lorsqu'enfin ils arrivent, nous prenons une tasse de maté de coca bien chaud. Ça fait un bien fou. Ils me disent avoir vu un renard sauvage. Alejandro me montre la photo. Effectivement, grâce au brouillard, on peut rencontrer des animaux par surprise. Puis, après avoir repris notre souffle, nous redescendons. C'est beaucoup plus facile. Par chance, on entraperçoit, entre deux nuages, les neiges du volcan. Puis, une belle vue sur la vallée. Au moins, on aura vu quelque chose. Nous retrouvons la camionnette au parking puis allons jusqu'à un lac de volcan où se sont réfugiés plein de jolis oiseaux. Le ciel s'éclaircit un peu, juste le temps de prendre quelques photos. Mais il est déjà tard et ça manque de lumière. Nous redescendons. Sur la piste, nous croisons une biche devant des broussailles. Elle nous observe. On a le temps de la prendre en photo, puis elle s'enfuit. Victor nous dit qu'on a eu de la chance. Ce n'est pas fréquent d'en voir. Lorsque nous arrivons en bas, nous déposons Alejandro sur la panaméricaine. Il doit arrêter un bus pour Quito. Ce n'est pas facile car ils sont tous archi complets. C'est un retour de week-end chargé. Le trafic est très dense. Au bout d'une dizaine de minutes, il arrive enfin à en arrêter un. Victor qui retourne sur Latacunga me raccompagne jusqu'au centre ville. Les rues sont toujours aussi désertes. Par chance, je trouve une pizzeria d'ouverte. J'ai faim car je n'ai mangé que des gâteaux secs aujourd'hui. Finalement, malgré le temps pourri, j'ai passé une bonne journée.

samedi 12 mai 2012

La laguna Quilotoa

Finalement, j'ai demandé à changer de chambre. La vue sur la place est jolie mais il y a vraiment trop de bruit. J'ai eu l'impression que les cloches de la cathédrale étaient accrochées au-dessus de ma table de chevet. Et je ne parle pas de la circulation. Même avec les boules Quiés, c'était infernal ! C'est comme si il n'y avait pas eu de vitre aux fenêtres. On me trouve une chambre beaucoup plus calme sur l'arrière. Je prends mon petit déjeuner rapidement, puis je vais à la gare routière à pied pour prendre un bus qui m'emmènera à Zumbahua, situé à 70 kilomètres à l'ouest de Latacunga, puis à Quilotoa, 12 kilomètres plus loin. On peut y voir un lac de cratère impressionnant. Et puis la région est parait-il très jolie. Le bus est rempli de gens en habit traditionnel car, le samedi, c'est le grand marché à Zumbahua. Il y a aussi quelques touristes comme moi. J'ai réussi à occuper le siège à coté du chauffeur. C'est royal pour les photos. La route monte sérieusement dans la sierra. Ils sont en train de la refaire complètement. Nous croisons de gros travaux de terrassements. Parfois, il faut attendre quelques dizaines de minutes pour que les pelles remplissent les camions. Le président Rafael Correa a entrepris depuis quelques années de refaire toutes les routes du pays. Enorme chantier. Mais dans quelques temps, l'Equateur aura très certainement le meilleur réseau routier d'amérique du sud. Les paysages sont splendides. Belles montagnes couvertes de patchwork de champs cultivés. Le temps est mitigé mais le soleil apparaît de temps en temps. Le bus met deux heures pour arriver à Zumbahua. Le village est en effervescence à cause du grand marché. Il est très coloré grâce notamment aux vêtements traditionnels des paysans. Le bus s'arrête quelques minutes pour déposer les passagers puis repart. Il faut encore monter jusqu'en haut d'un immense cratère où se trouve le petit village de Quilotoa. Il fait frais, nous sommes à 3 900 mètres d'altitude. Le panorama sur le lac turquoise est superbe. Un cratère circulaire presque parfait. Il n'y a pas beaucoup de touristes, tant mieux. Je déjeune dans un petit restaurant tenu par une communauté d'indiens. Ce n'est pas de la grande cuisine mais, au moins, on sait que l'argent va profiter à la population locale. Après le déjeuner, je descends en bas du cratère par un petit chemin de muletier. C'est une très jolie balade. Il faut à peine une demi-heure pour descendre. En bas, il fait bon, on se baignerait presque. La remontée est plus ardue. Ça grimpe sec. Pour les fainéants, il y a la possibilité de remonter en cheval. De retour là-haut, je retrouve un bus qui m'emmène jusqu'à Zumbahua. Le chauffeur me pose plein de question sur la France. Il n'a que 47 ans mais déjà 7 enfants. L'aînée à 30 ans. Il ne chôme pas. Il me dépose au centre du village. Le marché touche à sa fin. Apparemment, il n'y a plus de bus qui partent pour Latacunga. Il faut remonter à pied sur la panaméricaine pour en chopper un qui passe par là. A peine arrivé sur la route, je tombe sur une camionnette qui me propose de m'emmener pour 20 dollars. Je le remercie en lui disant que je préfère attendre un bus qui ne coûte que deux dollars. Il me répond qu'à cette heure-ci, il risque de ne plus y en avoir. Tant pis, je tente le coup. A peine est-il parti que j'en aperçois un au loin. Il va bien à Latacunga. Comme quoi, ça valait le coup d'attendre. Il est rempli à craquer. Des gens qui rentrent du marché. Le retour est un peu plus rapide qu'à l'aller car les ouvriers de la route ne travaillent plus à cette heure. La route n'est plus bloquée. Nous arrivons dans la nuit. Je retrouve mon hôtel pour une bonne nuit.

vendredi 11 mai 2012

Latacunga

Me voilà reparti vers le nord. Les distances ne sont pas très importantes en Equateur. Il me faut à peine deux heures pour rejoindre Latacunga, à une centaine de kilomètres de Banos. La route est excellente. C'est une quatre voies à partir d'Ambato. Latacunga n'est pas une ville très intéressante mais c'est un passage obligé si on veut visiter le lac de Quilotoa et le parc du volcan Cotopaxi. Je m'arrête d'abord dans un hôtel près du centre. Mais les chambres sont tellement lugubres que je préfère aller voir ailleurs. Je tombe sur l'hôtel Cotopaxi situé sur la place centrale. Il est quelconque mais on me présente une chambre avec une vue magnifique sur la place. Elle est un peu bruyante mais tant pis. Je pourrai prendre des photos depuis ma fenêtre. Je passe voir des agences pour connaitre les circuits qu'ils proposent. C'est terriblement cher. Je leur demande pourquoi, en Equateur, c'est trois fois plus cher qu'au Pérou ? Ils me répondent que c'est parce que je suis tout seul. Tu m'étonnes ! Avec les prix qu'ils pratiquent les touristes ne doivent pas se bousculer. Tant pis, j'irai par mes propres moyens. C'est plus compliqué mais ça me coûtera dix fois moins cher. Je vais visiter la ville. Rien d'extraordinaire.